N° 51
Mai/Juin

http://piednoir.net

Les Bords de la SEYBOUSE à HIPPONE
1er Juin 2006
jean-pierre.bartolini@wanadoo.fr
LA SEYBOUSE
La petite Gazette de BÔNE la COQUETTE
Le site des Bônois en particulier et des Pieds-Noirs en Général
l'histoire de ce journal racontée par Louis ARNAUD
se trouve dans la page: La Seybouse,
Les dix derniers Numéros :
EDITO

De la Mémoire à l'Histoire
en passant par le Beignet et le Créponet.

Une trentaine de Bônois de retour chez eux. Un séjour de pèlerinage, de souvenirs, de découvertes et de coups de jeunesse.

    Pour ce deuxième voyage "du site de Bône la Coquette" et de la "Gazette La Seybouse", un groupe de 37 personnes de 44 à 75 ans est arrivé le dimanche 16 avril dans l'après midi, dans une ambiance euphorique et pleines d'émotions parfois non contenues. Ce groupe composé par l'intermédiaire d'Internet, venus de tous les coins de l'hexagone et même du bout du monde, n'en croyait pas leurs yeux remplis de larmes devant les premiers accueils à l'aéroport. Le premier parcours jusqu'à la plage de la Patelle avec nos compagnons de Souk Arhas et l'arrivée à l'Hôtel de la Seybouse.

    Le passage devant les endroits familiers produisait des embrasements de joies et de larmes. Pour certains c'était le 2ème voyage, mais pour d'autres le 1er retour après 44 ans d'exil. Certains sont venus en familles natives de Bône, d'autres ont fait découvrir notre ville à leur conjoint ou conjointe.

    Les quatre premiers jours d'excursions ont permis de restés unis par la consolidation de l'esprit d'amitié de ce groupe, né sur Internet, dont la majorité a fait la connaissance physique à l'aéroport de Marignane. Ces excursions de groupe ont permis de visiter, partager les émotions et découvrir ensemble des lieux que les circonstances d'avant l'exode n'avaient pas favoriser. Ces journées nous ont rappelé l'évidence que l'Algérie est pour nous le plus beau pays et qu'il reste à découvrir.

    Les autres journées, jusqu'au départ du 27, ont été libres. Cette liberté a été mise à profit pour visiter en petits groupes tous nos quartiers ; de retourner dans les villages, villes ou fermes de l'enfance de certains d'entre nous ; de retrouver des amis, des familles avec l'accueil chaleureux des Algériens ; de revisiter les cimetières dont l'état laisse à désirer un meilleur entretien et à Bône c'est encore le cimetière européen qui est dans le meilleur état même s'il reste beaucoup à faire. Le cimetière Juif c'est la désolation. Le cimetière arabe de notre célèbre dicton est dans un mauvais état aussi. Les vandales sont passés partout.
    Les visites sur les lieux scolaires ont ravivé les souvenirs de jeunesse sur les bancs de ces établissements. Que d'anecdotes sont à raconter ! La joie des élèves actuels, à la vue de ces pépés et mémés venus s'asseoir sur ces bancs d'époque, était belle et pleine de promesses pour leur mémoire. Ils pourront dire : " J'ai rencontré ces exilés, ils sont comme nous. "
    Les promenades seules ou en petits groupes ont toujours été entrecoupées d'arrêts par des " Bienvenus chez vous " et des petites causeries amicales et chaleureuses. Les moments de détente chez le marchand de beignets ou à l'Ours Polaire pour déguster les créponnets, ont été des moments où la rêverie reprenait son cours, sur le Cours Bertagna.
    Les visites des maisons de notre enfance ont été des moments d'intenses émotions. C'est vrai que l'état général manque d'entretien. Cela est dû à l'état misérable dans lequel le peuple vit et qui ne profite pas de la manne du pétrole. Néanmoins, les nouveaux propriétaires tentent de maintenir l'intérieur dans un état propre pour y vivre.

    Au fil des conversations, on nous dit que les gens ne veulent plus travailler car il y a beaucoup de corruption et que c'est toujours les mêmes qui en profitent. En France aussi, c'est ainsi, et ce n'est pas une raison pour rester à attendre ………. Les sauveurs et le messie.
    Ce peuple devrait se prendre en main, en ouvrant les yeux sur ce qui a été réalisé pendant 130 ans, sur ce qui est possible de faire en occultant les tabous ; en ne refusant pas les bienfaits du modernisme ; en classant la religion dans le seul coté de la foi et non pas du coté de la loi ; en se mettant au travail sans laisser les chinois, japonais ou autres leur prendre.
    On ne peut que leur dire : " Qu'avez-vous fait de votre indépendance ? ". C'est là que l'on comprend que l'on appartient à ces lieux, ces coutumes, ces souvenirs et que l'ont veut s'identifier dans le changement profond de la ville extérieure.
    Le retour a été plus morose avec la tristesse de retrouver la terre d'exil, le train-train quotidien. L'arrivée à Marignane avec des esprits encore à Bône, la dispersion avec des larmes. Un dernier verre à la buvette pour les derniers hussards qui m'ont fait l'amitié de m'offrir ces derniers instants de fraternité puis la séparation pour un retour chez soi où le téléphone et Internet fonctionnent à plein temps, car une vraie amitié est née dans ce groupe.

    Ce qui est à retenir, c'est la joie et le bonheur dans les moments forts partagés, avec des anciens qui ont été des pères, des mères et des guides pour les plus jeunes d'entre nous ; la tristesse de l'état physique de la ville ; la recherche de contact de la population de tout age avec des marques de sympathie ; l'accomplissement d'une démarche forte, souvent évoquée ou souhaitée et la conservation dans notre esprit de l'image de notre merveilleux pays qui reste à découvrir ; le soulagement d'avoir fait " un pèlerinage " sur notre sol natal, le sol de nos anciens ; et d'avoir assouvi ce besoin vital d'un être humain, de retrouver ses racines malgré les destinées si différentes de chacun.
    Ce pays, quoiqu'il advienne, restera à jamais au fond de nos cœurs, toujours le notre. Cet air que nous avons respiré sera toujours le meilleur. Maintenant, je pense que beaucoup comprendront mieux leurs ancêtres et l'amour qu'ils ont eu pour le pays qu'ils ont façonné, l'Algérie Française devenu simplement ALGERIE.

                                   Jean Pierre Bartolini                         

        Diobône,
        A tchao.

    Mon Adresse est : jean-pierre.bartolini@wanadoo.fr


Aprés votre visite,
(---n'oubliez pas de Cliquer --- )

RAPPEL La Saint-Couffin !
A UZES le 4 JUIN 2006
Communiqué de l'A.B.C.T
RETENEZ BIEN CETTE DATE 4 JUIN 2006
ET RESERVEZ-LA

Rassemblement national des Bônois, Constantinois et anciens de Tunisie

Cher(e) Compatriote et Ami(e) de l'Est Algérien

     J'ai le grand plaisir de vous annoncer, que pour la 40ème année, l'Amicale des Bônois, Constantinois et Anciens de Tunisie du Gard, organise le grand rendez-vous national d'UZES. C'est donc le:

dimanche 4 juin qu'aura lieu la traditionnelle journée champêtre

     Comme les années précédentes, c'est dans le cadre verdoyant
du camping municipal d'UZES, mis à notre disposition
par la Municipalité de cette ville, que nous vous accueillerons.

Le programme est le suivant:
8 heures 30 :Entrée libre et gratuite - accueil des participants.
10 heures 30 : Grand-messe en plein air avec la statue de Saint Augustin : Evêque d'Hippone.
11 heures 30 :Accueil des personnalités Gardoises et des représentants des amicales de rapatriés de toute la région.
12 heures :Repas tiré du sac.
15 heures 19 heures: Animations diverses avec comme d'habitude Jean Pierre PACE et son Saxo.
17 heures : Tirage de la tombola. 10 lots de grande valeur (prix du billet 1 Euro 50)

Vous trouverez sur place .: Boissons, merguez, Fougasse, pâtisseries orientales et café.
La recette des différents stands, nous permet de couvrir les frais de cette organisation (assurances - animation - sécurité - agencements etc.) Nous comptons sur vous pour les faire " tourner ".

Bônois, Constantinois, anciens de Tunisie, Pieds Noirs de tous horizons, amis et sympathisants, venez nombreux participer à cette journée, afin de retrouver des visages connus, d'échanger des souvenirs impérissables et d'assurer dans la joie et la bonne humeur le succès complet de cette manifestation.
Qu'on se le dise ! ! ! de bouche à oreilles ou par Tam-Tam....

Merci d'avance de votre participation
Le Président, J.P. ROZIER

Cette journée nationale, Campagnarde et conviviale, se déroule au Camping Municipal d'UZES (dans le Gard).
Chacun apporte son "Couffin" ou sa "Cabassette",
sa petite table et ses chaises pliantes.
N'oubliez pas les verres pour notre éternel "Sirop de Cristal"
(se délecter avec modération entre copains)




SOUVENIRS Du 2ème VOYAGE A BÔNE          
Le 2ème voyage du site de BÔNE la COQUETTE
et de la Gazette la SEYBOUSE
DU 16 AVRIL AU 27 AVRIL 2006
(dans l'ordre d'arrivée)


j’ai besoin d’y retourner



Bône vue d'avion le 16 avril 2006

Là, face aux côtes de France,
Au bord de la mer immense,
Sous le soleil d’Afrique,
Il est un vrai coin de paradis que je chéris,
O Bône, Ville d’amour, où nous avons vu le jour,
Nous avons la nostalgie de tes rivages,
Le regret de tes plages au sable fin,
Tu es, et reste au plus profond de notre cœur,
     
et te disons ,

         Lors de mon premier séjour en 2005, c’était avant tout les retrouvailles avec Ma Terre, le séjour étant court, il fallait « vivre très vite » ces instants d’émotions, de bonheur, et en faire la digestion après !.
         Ce 2ème séjour, plus long, fut salutaire pour concrétiser le premier. Je n’ai pas eu la même émotion à la descente de l’avion, parce que cette fois-ci je savais ce que j’allais voir…., car « j’étais chez moi » et pourtant….. !!! Pourtant, d’autres émotions m’attendaient…… !!!.
         Dès le lendemain de notre arrivée, visite incontournable de notre cimetière, mais plus encore, nous avons fait une visite au cimetière Juif et au cimetière Musulman, mis à part l’émotion très intense d’être en ces lieux, j’ai été très sensible à ce fait, en ce lundi de Pâques.
         La messe à Saint-Augustin : après 44 années, la célébration dans cette Basilique fut un moment émouvant pour moi, car j’y ai associé en pensée « tous les miens »

         Beaucoup de changements positifs sur le réaménagement de la Ville sont intervenus durant l’année, et cela m’a fait chaud au cœur de voir « Bône » sur la voie de la « beauté ».

         La découverte de La Calle par la côte, et je peux dire que nous avons « ouvert » la nouvelle route, le coin de paradis d’Herbillon, sur les traces de Saint-Augustin à Souk-Ahras, le Rummel de Constantine, le hammam de Guelma, un émerveillement de voir des paysages plus beaux les uns que les autres, des vues magnifiques, des champs cultivés, des découvertes de toutes sortes, tant sur le plan culturel qu’émotionnel !!. Car nous avions la chance d’avoir des indications et des précisions pointues de nos Aînés, ils se reconnaîtront !.

         Cette journée au « Vivier », Jean-Pierre avec ses souvenirs d’enfance, nous a pris sous son aile, afin de nous faire découvrir à Yves, Antoinette, Mounir et moi la « pointe du rocher » où nous avons pu nous enivrer au vent, au soleil et à la mer. Merci à lui, pour cette belle émotion.


La pointe la plus avancée du Cap de Garde

         Un vrai bonheur d’avoir plus de temps pour découvrir et/ou redécouvrir certains endroits, pouvoir savourer à loisir, humer à volonté, et faire le marché, sans oublier beignets, makrouts de 4h et créponnets !!.

         Le contact chaleureux avec les habitants, « soyez les bienvenus chez vous » ou « vous êtes Bônois, vous êtes chez vous » étaient toujours là, mais le plus touchant fut ces phrases :
                  - alors que j’étais au marché, de la part d’un Monsieur de 60 ans ! « quand j’ai le bourdon, je vais au cimetière et je regarde les Tombes ! » et c’est ensemble que nos yeux se sont embués de larmes !
                  - lors d’une promenade vers la pépinière avec Jean et Antoinette, lors d’une conversation enrichissante et intéressante avec une personne ayant fait ses études à Alzon : « excusez-moi je dois partir, car j’ai envie de pleurer ! »
                  - quartier Ste Anne : « et pourquoi vous n’êtes pas venus avant ? vous êtes chez vous ici »

Il y a beaucoup de choses à dire dans ce sens et pour ma part, je ne garde en mémoire, que cela, les émotions positives et pleines de chaleur.
                  - Au delà des retrouvailles, des souvenirs, des émotions de chacun, il y a quelque chose de « très fort » qui s’est ressenti au cours de ce 2ème séjour :
                  - Toutes différences confondues, il y avait l’ambiance, la solidarité, la chaleur, le partage «d’être ensemble» car nos cœurs battaient à l’unisson dans notre « Bône », chère à nos yeux, du moins c’est ma propre analyse.
                  - Par petit groupe, chacun d’entre nous a assisté, a contribué, a pris acte des émotions de l’autre : car il n’était pas « seul, pour trouver, retrouver et revoir les endroits de jadis» !! quelques exemples :
                  - Suzanne, devant la maison de ses parents, qui nous montre la petite lucarne qui se trouve en façade, sa maman avait mis une statue de St-Antoine……, à la place aujourd’hui il y a un bouquet de fleurs !
                  - Jean, devant sa maison ! moment émouvant avec « son chez lui »,
                  - Elie, découvre le domicile où Paule, son épouse a vécue, ainsi que l’ école !,
                  - Christian et Antoinette, retrouvent leur domicile et sont invités à y entrer !, avec le partage de la galette pour le lendemain.
                  - Yves, qui fixe l’objectif de son appareil sur la maison où il est né, sans oublier son domicile à Guelma où se trouve actuellement une haie splendide de bougainvillées alors qu’il n’en avait planté que 3 à l’époque !,
                  - Suzette, qui se souvient d’une côte pour rejoindre l’Ecole normale, retrouve ses faits et gestes dans la cour avec ses superbes orangers où elle révisait,
                  - Henri, sur les traces où a vécue sa maman dans les années 1920 à 1930 !
                  - Pour ma part, en compagnie de Yves, Elie et Jean, que je remercie d’avoir été à mes côtés, lorsque j’ai voulu refaire à pieds le chemin vers la Colonne, Sadi-Carnot, Maternelle Garibaldi, Ste-Anne, et le n° 30 de la rue Eugène François, mon domicile, où l’émotion est à son comble !!, Je n’étais pas « seule » mes Amis étaient là ! et leur présence m’a permis d’apprécier encore mieux ces instants.

         J’ai pris acte des émotions ressenties par vous tous et suis heureuse de ce partage. Merci à vous d’avoir contribué à ce bonheur avec une pensée toute particulière à ma sœur de cœur «Antoinette »

         Je remercie très sincèrement Jean-Pierre pour l’initiative, la préparation, l’organisation et le surcroît de travail qu’il a déployé, sans oublier Jeanine, qui à ses côtés, dégage tant de gentillesse, de douceur, de compréhension à notre égard ; elle, une fille de France !.

         A notre guide « Mounir », qui a veillé sur nous, comme sur sa propre famille, partageant et comprenant nos émotions, et qui a mis sa spontanéïté, son dévouement, sa gentillesse, à notre service, il a trouvé dans notre groupe « papy, mamie, frères et sœurs de cœur ». Qu’il soit ici remercié.

         Et comme je n’ai pas fini de faire mon marché !!!! il me manque le camembert de St-Augustin et l’eau de Larbi !

j’ai besoin d’y retourner, mais pas sans vous !!

Restons « groupir » et rendez-vous sur net.

NÖELLE        



BÔNE !

         Bône où j'ai ouvert les yeux un jour de juin 1938. Bône où j'ai grandi, souffert et failli mourir en juin1956. Bône le cœur gros, les tripes serrées, les larmes aux yeux quand je t'ai quitté en 1962. Bône de juillet 62 à avril 2005 je n'ai rêvé que de toi, de tes rues, de tes senteurs, de ton bruit. Avril 2005 le miracle s'accomplit Bône (Annaba) je te retrouve avec mes amis.
         Annaba, tu n'es plus Bône, mais ton cœur l'est toujours : la place d'armes, le marché couvert, le théâtre, l'Hôtel de ville, le cours Bertagna, la gare sont toujours là, vieillis eux aussi, comme ma vieille carcasse, écrasés par le poids des ans.
         Mon cœur bat à plus de cent à l'heure immergé dans cette foule grouillante mais sympathique. Je n'arrive pas quarante trois ans après à m'imaginer que je foule de nouveau mon sol natal, l'émotion est trop forte trop grande. La visite à nos ancêtres qui eux par la force des évènements sont restés sur place, me pétrifie, le temps et quelques vandales ont fait leur œuvre de destruction, mais l'essentiel est là ; pour bon nombre notre premier devoir sera de lui redonner son aspect initial, certes le " cimitière " de Bône ne nous donnera plus l'envie de mourir, mais le message à nos ancêtres, nous ne vous oublierons jamais se concrétise et c'est l'essentiel.
         Jean-Pierre et Jeanine, organisateurs, quelle immense joie vous avez procuré au sexagénaire que je suis. Le jour du départ, je me suis fait le serment que je reviendrai.

         Avril 2006 voilà qui est fait : Annaba, Bône de mes amours me revoilà. Certes l'émotion est toujours aussi forte, mais cette année je goûte au bonheur total. Le groupe n'est pas un groupe, mais une famille de pieds-noirs et de métropolitains, certains comme moi sont là pour la deuxième fois, nos émotions et nos joies sont partagées.
         Qu'il est agréable de se promener dans ce Bône d'avant 1962, les autochtones, les anciens nous reconnaissent, et les " Bienvenus chez vous " résonnent comme des sésames sur notre passage. Nous visitons les maisons qui nous ont abritées ou qui nous ont vu naître, parfois les écoles où nous avons usés nos fonds de culottes. Nous explorons la campagne environnante de cet Annaba mégapole. Nous explorons les villes de La Calle, Herbillon, Souk-Ahras, Guelma, Constantine.


         Cette année nos organisateurs Jean-Pierre et Jeanine nous ont particulièrement gâtés : séjour plus long, excursions à la demande, messe à Saint-Augustin, journées libres etc… etc… tout y était.

         Pour moi c'est le prélude à un troisième voyage. Et si nous nous évadons d'Est en Ouest ? Ou vers le Sud ?
         Avec de tels amis et une telle organisation, il serait idiot de faire mentir le vieil adage "Jamais deux sans trois " Jean-Pierre tu sais ce qu'il te reste à faire, Jeanine tu vois ce que je veux dire.

         Je terminerai mes impressions, pour cette biennale Bônoise pour dire à tous mes amis que leur compagnie m'a été des plus douce et des plus précieuse, je ne citerai aucun nom de peur d'en oublier, mais je suis sûr que vous vous êtes tous reconnus, et je vous embrasse chaleureusement, et comme Annaba sera pour moi toujours Bône je formule le " Inch'Allah "

Christian MIGLIACCIO le 10 mai 2006       



Souvenir de mon voyage à Bône.
        

         ¤ Quel merveilleux souvenir ce voyage du 16 au 27 Avril en compagnie de JP Bartolini.

         ¤ Nous avons eu des excursions, telle que La Calle, Herbillon, Guelma, Hamman Meskoutine, Souk Ahras et Constantine.

         ¤ Nous avons découvert des endroits merveilleux et au retour de notre journée à La Calle, nous avons pu nous arrêter dans la Ferme ou j'ai vécu (Beugin faisait parti des Fermes Françaises) quel bonheur même si tout a changé et quel merveilleux accueil des habitants, il y en a certain qui se souvenait de mes parents, j'ai même retrouvé l'ouvrier qui travaillait à la menuiserie de la ferme avec mon père, certes il est âgé mais se souvient de tout.

         ¤ Bien sûr j'ai été au Champs de Mars à Bône pour retrouver mon collège, là aussi un accueil super et très chaleureux.

         ¤ Maintenant le point fort de notre voyage c'est la messe à St Augustin spécialement dite pour notre groupe, tout le monde était très ému et nous avons tous fait un vœu de paix et bonheur pour tous.

         ¤ Un seul point noir dans le voyage, ceux sont les cimetières dans les villages comme Mondovi, Oued Zenati qui sont en très mauvais état, par contre le cimetière de Souk Ahras est intact.

         ¤ En conclusion nous avons passé 12 jours merveilleux avec un groupe formidable, tout le monde a participé aux émotions de l'autre, il me reste encore à remercier Jean Pierre pour la préparation, l'organisation et aussi d'avoir l'initiative de ce voyage, très cher à mon cœur et pour moi c'est un souvenir inoubliable.

Marie Paule et Bernard Faure       



QUE DU BONHEUR

         Le 16 Avril jour de Pâques Jean Pierre nous a rassemblé dans le hall de l'aéroport à Marignane, en ce jour de fête chrétienne nous partions pour la terre d'Afrique qui nous avait vue naître. On disait dans ma jeunesse que ce jour là les cloches revenaient de Rome, hum ?
         Que dire du voyage : rien une heure dix, juste le temps d'une petite collation on y est. L'air est plus doux, les massifs de géraniums en fleur et, la Tour de contrôle, pas la grande, la petite me rappelle des souvenirs. C'est là que j'ai pris contact avec mon métier en avril 1958.
         Je pourrais citer les noms de ceux qui m'on mis le pied à l'étrier mais ce serait trop long.
         L'Hôtel Seybouse : bon accueil du personnel, c'est confortable, et propre.
         A 16 heures mon épouse et moi nous partons pour un tour en ville
         Le cours Bertagna, le Maxéville, le Palais Lecoq, la rue Thiers, la rue Bugeaud, le Globe, le passage Sens, le Marché, l'épicerie Grec, le Temple Protestant, la librairie Mariani, la rue Suffrein, la place Alexis Lambert, tient le Petit Vatel, les allées Guillemer, ha ! La gendarmerie a disparu, la maison natale du Maréchal JUIN par la même occasion, retour par le Palais de Justice, la pharmacie Coggia a disparu remplacée par les bureaux d'Air Algérie. Nous remontons le long de la Prison, la place vide de la Cathédrale, le lycée Mercier la grande Poste, retour à l'hôtel.

         La nostalgie nous a accompagné dans cette promenade. On marchait dans notre ville natale. Chaque rue, maison, magasin, place nous rappelaient notre jeunesse, on était en train de feuilleter un vieil album photos et on retrouvait nos souvenirs mais tout nous paraissait rétrécis et les bonjours, bienvenus chez vous, qu'on nous adressait nous remplissaient d'un sentiment indéfinissable avec un arrière goût de gâchis. Merci au grand C….
         Certains m'ont dit que c'était sale, s'est sûrement vrai mais pris dans nos sensations nous ne l'avons pas remarqué ! J'en suis désolé mais le matin départ de l'hôtel à 6 h pour aller manger un beignet rue THIERS la ville que nous avons traversé était propre.
         Le lendemain visite au cimetière.
         Là aussi que d'émotions l'équipe de In Mémoriam fait des efforts pour entretenir les allées mais on a laissé trop de temps, aux vandales et au temps, et bien des tombes sont dégradées. Je ne reproche rien à personne. Je suis responsable en partie de ce qui est arrivé aux tombeaux de nos parents et dès que je pourrai, je retournerai pour faire faire les réparations qui s'imposent même si cela dérange.

         Organisées de mains de maître les sorties se sont succédées : Bugeaud, Herbillon, la messe à Saint AUGUSTIN et visite des ruines d'Hippone, la Calle, Randon, Souk-arras, Hammam-Meskoutine, Guelma, Constantine, chacun a vu ce qui lui plaisait d'aller voir et pour finir une journée Mémorable au Vivier du Cap de Garde où Roland a pêché un catsomarine et des oursins. On y a fait un repas de poissons frais inoubliable.
         Ces 12 jours ont parus trop courts à beaucoup de participants.
         De notre voyage à Bône voilà ce que je peux en dire << QUE DU BONHEUR >>
         Mais plus que le voyage c'est l'organisation que je dois louer car Jean pierre, je devrais dire MONSIEUR BARTOLINI avait tout prévu nous avons été accueillis avec gentillesse et en quelques jours nous n'étions plus qu'un groupe mais comme l'a si bien dit <> qui avait plaisir à se déplacer ensemble. Pas de grincheux ou de mécontents et le soir à table dans une bonne humeur qui ne nous a jamais fait défaut et qui a enchanté nos soirées. C'est vrai qu'il faut ajouter que Jeanine Bartolini a bien secondé son Bénévole de mari et les deux guides Mounir et Hocine qui nous ont entourés de leurs attentions et leurs gentillesses. Nous sommes prêts à repartir dans les mêmes conditions.
         A bientôt à UZES

Georges et Denise Jacono       



Amabilité et courtoisie à l'honneur

         Ce voyage très agréable a parfaitement été organisé, un grand merci à son concepteur.
         Les excursions étaient bien élaborées avec le guide professionnel Hocine dans un rôle de maître conférencier et un accompagnateur compétent et courtois.
         L'ambiance dans le groupe, dont on ne peut rêver mieux pour l'état d'esprit, était idéale, rieuse avec une amabilité toujours présente.
         L'hôtel Seybouse irréprochable avec un personnel très professionnel et avenant.

         Nous avons eu la surprise de retrouver le vrai goût des produits locaux, pommes de terre, tomates, fèves, petits pois et le poisson, dieu qu'il était bon.
         Le vivier du cap de garde gardera à jamais l'empreinte du métier de bâtisseur qu'exerçaient mon défunt père et mon frère.
         Dommage que des dégâts ont été commis à notre cimetière, des progrès ont commencé à immerger, mais aussi combien il reste à faire.
         L'accueil des annabis et des vieux bônois algériens était très fraternel. On a du mal à s'en remettre après être revenu à la réalité métropolitaine. On rêve déjà de refaire le même voyage, pourvu que ce soit encore possible.
         Inciter les indécis à aller à Annaba, une démarche à entreprendre. Diffuser nos photos et DVD en grand nombre, serait une solution !!

         Ayant été détaché à la gare de Bône pour faire partir le train pour Moris j'avais en tête le réglement du transport des voyageurs. Il est bien précisé que le train doit partir que lorsque les voyageurs sont tous assis mais vue l'urgence et la ponctualité de notre cahier de charge, j'ai du faire partir ce train qui semble légèrement surchargé.
         Néanmoins, veillant à sa sécurité celui-ci est arrivé et à l'heure et entier.
         La prochaine fois je m'y prendrai autrement, avec l'accord des autorités locales, je nommerai sous chef de gare, Roland notre monteur d'images insolites.

         Teuf-Teuf. Ce n'est qu'un au revoir, bisous et merci à tous

Rose Marie et Marcel Saliba       



Joie, Peine et Souvenir Intense !

         Deux sentiments se dégagent sur ce merveilleux retour aux sources, la joie et la peine.
         - La joie de retrouver tous ces endroits où l'on a passé notre enfance, les quartiers, les rues, les plages où l'on allait presque tous les jours, notre Cap de Garde, le Stade Municipal et.............; toutes ces retrouvailles faites avec un groupe formidable ont fait apparaître dans ma tête, une terrible question, pourquoi tout ce gâchis ? Ces excursions faites dans un climat ''bon enfant'' ont permis de minimiser sinon atténuer le trouble émotionnel ressenti de se retrouver sur notre terre natale. Le soleil, la mer, la plage, un rêve qui se réalise 44 ans après, inexplicables les émotions ressenties. Le bruit, les couleurs du marché, le côtoiement de la population ont réveillé de merveilleux souvenirs; la visite de Saint Augustin, très importante pour moi car j'ai retrouvé l'inscription de mon arrière grand-père qui a été le décorateur de la basilique. Mon escapade pendant les journées libres, deux jours seul à refaire toutes les rues et quartier de mon enfance, une ballade de la Caroube en faisant toute la Corniche et revenir par le Pont de la Tranchée, à pieds, souvenirs inoubliables!!! Pour conclure ce paragraphe joie, merci encore à tous et en particulier à Jean Pierre et Jeanine pour leur dévouement.
         - La peine, parce qu'un si beau pays qui ne demande qu'à '' éclore'' et qui d'après tout ce que j'ai vu, se '' laisse aller'' faute de moyens, est terrible à comprendre, la politique tue tout. D'innombrables constructions non terminées, pas beaucoup de mise en valeur sinon rien, des constructions '' laissées'' en 62 retrouvées dans des états se passant de commentaires et un dernier sujet très important, la propreté, beaucoup de travail à faire de ce coté là.
         Pour terminer j'aborderais le problème du cimetière, très déçu de le retrouver dans cet état, on '' donne'' un aspect faux de la situation, au premier ''coup d'oeil'' on voit le long des allées que c'est à peu près correct mais lorsque l'on commence à pénétrer un peu plus à l'intérieur, c'est la catastrophe, le désastre, c'est lamentable, tombes saccagées, marbres disparus et l'horreur au cours d'une visite, un caveau ouvert avec le cercueil apparent, terrible vision!!! J'ai été également très surpris au cours d'une visite, (il y avait d'autres personnes) par l'apparition soudaine dans le cimetière, vers la porte d'entrée, d'un camion et de plusieurs ouvriers équipés de taille-haie qui ont été directement ''guidés' vers le haut du site, accompagné par un " français ", je pense la personne qui doit ''s'occuper'' de l'endroit et le comble de tout çà, dans le quart d'heure qui a suivi, une équipe de télévision (M6) est arrivée!!! De qui se moque-t-on? On veut faire croire n'importe quoi, enfin il y a toujours des gens qui aiment la publicité mensongère.............

         Malgré tout cela, je garderais un souvenir intense de ce voyage qui est gravé à jamais dans ma mémoire. Un si beau pays ....
         Voila j'arrête, je vous embrasse à tous.

Robert Guittard.       



LE RETOUR

         Après avoir entendu trop souvent " retournez chez vous " à une certaine époque, quelle joie d'entendre " Bienvenue chez vous " aujourd'hui.
         Quand nous avons quitté " Notre Pays " pour rejoindre " notre Patrie " nous avons laissé notre Terre natale et une population avec qui nous partagions une communauté de vie et d'esprit amical qui souvent s'apparentaient à des liens familiaux.
         Entreprendre un retour 44 ans plus tard, partagé entre les opinions favorables de ceux qui avaient fait le pas avant nous et les rumeurs propagées par certains et les médias, il ne fallait pas hésiter pour pouvoir être juge.
         Aussi quand sur le Net j'ai appris la préparation d'un voyage à Bône et que j'ai fait la connaissance de Jean Pierre, recevant tout de suite, un accueil fraternel, je ne pouvais que céder à la tentation. Le remercier pour cela et pour tout ce que nous avons vécu grâce à lui, ne peut s'exprimer que par l'assurance de lui conserver notre profonde amitié ainsi qu'à Jeanine, de tout coeur avec nous.
         " Chez Nous " .... Sur cette terre où mon aïeul paternel avait débarqué le 10/11/1861 à Philippeville pour venir s'installer à Bône et que nous avons quitté le 10/06/1962 avec ma femme et nos 2 filles aînées après UN SIECLE de présence !!!
         " Chez Nous " .... Oui, car dans le groupe chaque membre a partagé avec tous, ses émotions, ses joies et créé des liens amicaux et fraternels autour d'un centre d'intérêt commun notre Terre.

         J'avais avec moi 31 ans de souvenirs personnels mais aussi plusieurs décennies de ceux de mes parents et grands parents sur Bône et sa région.
         J'ai eu la sensation que par mes yeux eux aussi retrouvaient les lieux et paysages qui nous étaient chers.
         La curiosité puis la sympathie et l'accueil amical et même affectueux des " annabis " et autres citadins, nous rappelant que nous étions " Ouled blédi " enfants du pays, a fait chaud à mon coeur.
         Retrouver, au cimetière de Bône, les caveaux de famille en état malgré les blessures du temps et à Souk-Ahras, dans un cimetière tel que nous l'avions laissé, la tombe du plus jeune frère de ma femme, m'a rassuré sur le sort de ceux qui sont restés là définitivement; j'aurais souhaité qu'il en fut de même pour tous.
         Je ne regrette pas d'avoir sacrifié l'excursion au centre de Souk-Ahras, pourtant ville de mon mariage et de naissance de mes 2 filles aînées; la visite au cimetière avec Marie Paule et Bernard, compense cela, surtout que Suzette a eu la délicate attention, qui m'a beaucoup touché de m'offrir quelques cartes postales de la Ville.
         Dans toutes nos visites, qu'elles soient pour le groupe ou en petit comité, nous n'étions jamais seuls et comme le dit Noëlle nous avons partagé chacun à notre tour les émotions et joies des autres.

         Bonheur pour moi de retrouver après 44 ans un jeune homme ( un peu vieilli, mais toujours lui même ) Christian, vieux compagnon de risques et d'aventures.
         Joie de pouvoir échanger avec Bernard Gauci, des souvenirs communs et en cherchant bien de découvrir des liens familiaux (à la mode de Bretagne).


         Je n'oublie pas non plus mes charmantes petites soeurs, Noëlle et Antoinette qui m'ont adopté vraiment comme un grand frère.

         Ce retour aux sources, inoubliable, car à coté des émotions, nous avons et cela aussi est mémorable, réussi à trouver des amis, des frères et soeurs, une famille au moins de pensée et dans tout cela je n'oublie pas Mounir qui s'est investi totalement pour nous.

Et comme l'on dit là-bas " bqaou à la khir " et " le liqa ".
Autrement dit Au revoir et à la prochaine rencontre.
INCH 'ALLAH

Yves Jan       



C'est Cela Être Ensemble

         Jean Pierre, je te l'ai maintes fois répété, ce voyage a été un cadeau pour moi, tu avais déjà bien préparé le groupe avec les échanges d'emails et le trombinoscope de Noëlle. Notre premier contact à Marignane en a été grandement facilité. Je crois que nous étions tous un peu anxieux, on nous avait tant dit de choses. D'être ensemble, nous, rendait plus fort.

         A l'arrivée à l'aéroport, je ne ressentais pas que je touchais le sol que j'avais quitté 44 ans auparavant. En sortant, j'ai rencontré des arabes, rien de bien différent des rues de Marseille ou Lyon. Nous nous sommes "engouffrés" dans le bus, et là le voyage a commencé; je ne savais plus ou regarder, les indications fusaient de partout, nous étions revenus au pays, nous retrouvions nos repères. J'étais assommée, est-ce que je rêvais.
         Des moments forts: la visite des 3 cimetières, chrétien, juif, et arabe le lundi de Pâques, tout un symbole, puis la montée à la basilique d'Hippone, la messe, où croyants ou non, l'émotion était présente, puis détente avec la visite des ruines, l'occasion grâce aux pitreries, d'évacuer les émotions et rassembler le groupe.
         Les 4 jours d'excursions, nous ont permis de nous connaître, nous étions dans le même habitacle, il n'y avait pas que son émotion à gérer égoïstement, celles des autres étaient communicatives; et c'est cela être ensemble. Nous riions pour retenir nos larmes, et lorsque l'un de nous allait retrouver ses racines, nous étions présents, nous le suivions, il nous racontait sa jeunesse, "j'étais là, j'allais à l'école là, etc... " nous partagions ces instants.

         Troisième temps du voyage, nous nous sommes spontanément déplacés par petits groupes pour retrouver notre ville, ce qu'il y a de merveilleux, c'est que l'autre acceptait de se diriger vers un quartier qui n'était pas le sien et c'est ainsi qu'avec Georges comme guide, Denise, Henri et Claire, j'ai parcouru la ville, et là Bône a repris vie en moi.
         Nous ne pouvions pas faire quelques pas sans être abordés: " soyez les bienvenus, vous êtes chez vous, pourquoi êtes vous partis", Henri était toujours derrière discutant avec tous les passants qui nous souhaitaient la bienvenue, les makrouds, les caldis que nous voulions acheter; nous étaient offerts.
         Au marché couvert, une fête, avec Georges à la poissonnerie, puis aux fruits et légumes, les vendeurs étaient heureux d'être pris en photos et de voir dans l'appareil leurs visages et leurs étals. Les femmes m'ont paru moins directes, mais, même avant 62 elles ne se manifestaient pas trop. J'ai pu revoir mon école primaire, le cours complémentaire, le lycée Mercier; je n'ai pas hésité à taper aux portes comme un enfant qui revient chez lui après des années d'absence, et on m'a ouvert, souhaité la bienvenue et permis de remettre mes pas dans les anciennes marques.


         Et je ressortais de ces lieux, ragaillardie, ce qui me poussait vers d'autres rencontres.
         Une femme nous entendant dans sa rue, alors que nous nous dirigions vers la maison du frère de Denise, nous a suivi, invité à entrer chez elle, nous a présenté ses filles, elle semblait heureuse de cet échange.
         J'ai retrouvé ma maison, là aussi, j'ai été très bien reçue, me répétant que j'étais chez moi, ils me proposaient de pousser les meubles et les tapis pour prendre des photos, après une invitation à déjeuner, je suis partie, les bras chargés de cadeaux, leur promettant de revenir, ma chambre était réservée. Je n'ai pas le souvenir d'avoir été reçue ainsi, pendant ces années loin de mes racines. Pourquoi s'acharne t'on à déformer l'histoire?

         Autre temps fort pour moi, la journée au cap de garde, je n'y étais pas allée souvent dans mon adolescence, j'ai été émue de voir la métamorphose de nos compagnons de voyage, en maillot, dans le vivier, ils avaient retrouvés leur jeunesse.
         Constantine, que je suis contente, de m'être entêtée, je l'ai retrouvée mon école normale, grâce à la participation de mes amis dans le bus, une perfusion de DHEA! Malgré le barrage à l'entrée que j'ai " forcé ", nous avons été très bien accueilli.

         Mon cher Jean-Pierre, je pourrais t'écrire pendant 12 jours, tous les jours ont été des cadeaux.
         En résumé, et si tu es fatigué ce soir, je te permets, comme pour les thèses, de ne lire que la conclusion.
         Une organisation supérieure à toutes les agences de voyages, un accueil inattendu et oh combien vivifiant, un groupe sympathique et qui je l'espère restera uni, Bône a repris vie grâce à toi et Jeanine, à l'accueil des Bônois algériens, au groupe, à Mounir si attentionné, j'ai pu retrouver les traces que j'avais laissées et y mettre mes pas et espère de tout coeur continuer à tracer ce sillon.
         MERCI

Suzette Marchetti       



A TOUTES ET A TOUS . . . SALUT & FRATERNITE ….

         Jean-Pierre ayant souhaité connaître nos " impressions " et autres " commentaires " faisant suite au voyage que nous venons de faire en ALGERIE, voici (succinctement !) ce que Denise & Daniel DARDENNE en ont retiré !

         Il nous semble difficile de vouloir mettre en parallèle des personnes qui retournaient à BONE pour y chercher leurs racines avec celles qui ont découvert ANNABA dans les années 1980 : de ce fait, leurs impressions étaient fort différentes. Comment superposer un " vécu " (mis à part celles et ceux, de ce voyage, qui étaient partis trop jeunes d'ALGERIE pour en garder un " souvenir " ?!) de l'époque française sur celui de l'époque algérienne ?

         Ces remarques préliminaires étant faites, ces jalons étant posés, il nous semble intéressant, justement, de confronter ces deux visions de l' " histoire " (avec un petit " h " !). L'une qui a abouti à l'indépendance du peuple algérien après huit ans de guerre et d'incompréhensions qui auraient pu être évitées, l'autre qui nous a vu découvrir une ALGERIE avec ses doutes et ses " ratés " mais aussi avec sa jeunesse si pleine d'espoir et de rage de " s'en sortir ", une ALGERIE où le pouvoir a été " confisqué " par les chefs historiques du Front de Libération Nationale, ne s'ouvrant que lentement à la " démocratie ", pour nous qui étions chargés de la leur enseigner dans nos Etablissements Scolaires.

         Nous sommes partis, suite à notre condamnation à mort en nov. 1993. C'est dire si les années 1990 - 2001 étaient ce que nos amis algériens ont appelé de manière pudique " les années de plomb " : lentement mais sûrement nous avons vu monter l'islamisme le plus radical qui soit, ayant provoqué, selon les médias algériennes, plus de 100 000 victimes ! Ne fallait-il pas que le peuple algérien connaisse cette souffrance - une forme d' " accouchement " ! - pour maintenant envisager cette " paix civile " demandée par le pouvoir en place ?

         Ainsi, depuis 13 ans que nous l'avions quittée, la ville d'ANNABA s'est encore accrue tant pour le nombre de personnes qui, maintenant, y vivent que pour la " parc immobilier ", les constructions fleurissant partout, de nouveaux quartiers se créant. S'agissant de la population dépassant maintenant le million d'habitants (pour " mémoire " : 120 000 à l'Indépendance, il y a tout juste 44 ans !), n'oublions pas que la montée du terrorisme frappant surtout dans les campagnes (le massacre de BEN TAHALA … aussi bien que celui des moines français de TIBHERINE dont on vient de commémorer le " triste " anniversaire, 10 ans déjà !) a contraint ces villageois qui avaient " de la famille en ville " à se réfugier dans les Cités ou en périphérie (les " bidons villes "), sans structures d'accueil, sans aménagements urbanistiques et de voieries en conséquence.

         Si nous avons noté une moins grande densité de la foule sur le Cours de la Révolution (ex " Cours Bertagna ") à l'heure où nous nous y promenions, entre 10 et 17 H en général, par contre, dans les rues transversales (derrière le théâtre, rue Bouscarein, Rue de l'Emir Abd-El-Kader, Bd Mohamed Khemisti, autour du Marché Central etc…) la circulation, aussi bien pour les piétons que pour les véhicules, était difficile.

         Il nous semble bon de préciser - dans la mesure où ce " changement " est " notable " … donc " noté " ! - que l'admission de véhicules importés est largement facilitée, certaines catégories de véhicules coûtant moins cher, neuf, que dans leur pays d'origine ! Ainsi, voit-on rouler des voitures coréennes, japonaises, allemandes et... françaises, bien sûr !

         De même, au " marché couvert ", par exemple, les étalages étaient bien remplis, prouvant que de nombreuses denrées " entrent légalement " en ALGERIE : finie l'époque des " trabendos " que nous avons connue ! Seulement, il faut y mettre le prix ! Quand on sait que le " S.M.I.C. " est à l'équivalent de 100 €, on peut imaginer que ces produits ne soient pas " à la portée de toutes les bourses " ! Parallèlement, les " cyber cafés ", les magasins vendant aussi bien G.S.M. qu'appareils photos ou caméras numériques, fleurissent un peu partout. Le matériel informatique (de qualité…si l'on considère les produits " H.P. " - la " PUB " étant interdite, je crois Jean-Pierre ?! -), frappé de moins de taxes qu'en France y est vendu moins cher !

         Ceci pour expliquer que la période " socialisante " avec restriction du marché et omni- puissance des Sociétés Nationales est révolue : l'ALGERIE s'ouvre au " capitalisme " et aux " privés " qui relancent, ainsi, l'économie jusque là handicapée par la mono-exportation, celle du pétrole et gaz naturel. Même " l'industrie " touristique commence à s'équiper, rénovant les Hôtels " POUILLON ", créant des stations balnéaires (comme l'aménagement de la Corniche vers le Cap de Garde ou la région de LA CALLE …). Mais, nous avons observé le décalage persistant entre les projets élaborés en " hauts lieux " et la réalisation sur le terrain : la route qui mène au Cap de Garde en est un " bon " exemple !

         En conclusion (provisoire, espérons … espérons !) nous avons re-trouvé un pays qui a fait un grand bond en avant mais sera, de ce fait, une " proie " potentielle pour des pays " avancés " très entreprenants, commercialement agissant ! Ainsi, les petits déjeuners de l'Hôtel SEYBOUSE nous ont semblé être davantage des " salles de travail " pour entrepreneurs (étrangers le plus souvent) qu'un espace de convivialité et détente. Il en était de même au repas du soir ! Ajoutons que la langue française était rarement employée, l'anglais étant largement utilisé par ces " cadres " d'entreprises étrangères : australiens, japonais, coréens … indiens etc… Toute l'ASIE du SUD EST !

         Merci Jeanine… Merci Jean-Pierre de nous avoir facilité les " retrouvailles " avec ce pays où nous avons passé 16 ans de notre vie… Merci, aussi, à toutes celles & ceux qui ont partagé ce voyage… A quand la prochaine ???

Denise & Daniel DARDENNE - UZEMAIN (88) le 26 mai 2006.       



Annaba, avril 2006

         J'étais déjà revenu dix ans après avoir quitté Bône, et la ville avait commencé à changer. Cette fois-ci la transformation est radicale : avec la périphérie Annaba atteint le million d'habitants, m'a-t-on dit.
         Mes premières impressions ont été celles que j'ai ressenties en marchant dans les rues.
         Le centre-ville est encore reconnaissable, la ville européenne et les quartiers résidentiels, tout ce qui était Bône est là, avec bien sûr beaucoup, beaucoup de décrépitude, et les paraboles qui ont envahi toutes les façades et les balcons, comme des patelles sur un rocher... Mais j'ai vite retrouvé mes repères- les bâtiments officiels ont très peu changé, et comme les rues n'ont pas bougé non plus, on ne pouvait pas se perdre- en ayant la bizarre impression que tout ce que je voyais maintenant était rapetissé ; la rue Gambetta me semblait aussi large qu'un boulevard dans ma mémoire, et le parking derrière le théâtre, que je traversais tous les jours pour aller chercher le lait chez Anglade, rue Mesmer, m'a semblé ridiculement petit !
         J'ai retrouvé dans toutes les rues des marchands de cacahuètes et de cigarettes au détail; bien plus nombreux qu'avant, et beaucoup sont bien vieux…

         Du monde partout, des piétons par centaines, des voitures dont beaucoup sont neuves. Beaucoup de désoeuvrés aussi.
         Quelques tristes spectacles : les Galeries de France… et le grand vide mort à la place de la cathédrale. Des magasins à l'abandon.
         A la périphérie, des tours de plus de dix étages, les Béni Ramassés bétonnés, l'oued Kouba recouvert, la montée de Bugeaud couverte de tours et de barres d'habitation… La côte au Nord du golfe jusqu'à Toche défigurée par des constructions sauvages, inachevées parce que frappées d'interdiction mais jamais rasées. De l'autre côté, Joannonville et Sidi-Salem couverts de barres d'habitation sur des kilomètres.
         Une usine chimique aux portes de la ville, à l'embouchure de la Seybouse, et le complexe d'El Hadjar qui teintent l'atmosphère de leur pollution.


         C'est Annaba, " capitale de l'acier ", comme l'annonce un monument sur la route de l'aéroport.
         Des centres universitaires construits un peu partout, l'ancien lycée Mercier devenu une faculté, les écoles pimpantes, propres, remplies d'enfants calmes, studieux et respectueux, le stade toujours bien entretenu.
         Le lycée Saint Augustin, qui s'appelle toujours " Lycée Saint Augustin "…repeint à neuf, propre, et l'eucalyptus est toujours là !
         J'arrête la liste là, je ne veux pas dépasser une page ; je ne parlerai pas de tout ce que j'ai revu qui peuplait mon souvenir, le cap de Garde, la maison de Mémé, rue Eugène François, ni les cinémas.
         Je parlerai maintenant non pas de ce que j'ai vu, mais de ce que j'ai ressenti, et que vous aussi avez ressenti, car je sais que nous avons tous été en communion pendant toute la durée de notre séjour.
         Le bonheur.
         Le bonheur de partager la joie et les émotions de chacun d'entre vous, le bonheur de savoir que vous aussi partagiez mes émotions (retrouver la ferme de Sakrania où ma mère a vécu sa petite enfance), le bonheur de sentir que l'air que nous respirions nous rajeunissait, que les arbres du Cours semblaient se souvenir de nous, que les makrouts et les créponnets avaient le même goût qu'il y a quarante-quatre ans !
         Et le bonheur d'entendre tous les jours les Annabis nous dire avec un sourire bienveillant :
         " Bienvenue chez vous ".
Henri et Claire Lunardelli       



L'intensité des relations

         J'ai longtemps hésité à prendre la plume ou plutôt la souris…Arrivé deux jours après tout le monde, ayant peu participé aux excursions du groupe, et de nature peu porté à aller spontanément vers les gens, même si je peux une fois le contact établi être très prolixe, je me suis aperçu en retrouvant le trombinoscope que j'étais passé à côté de la plupart d'entre vous…Alors que raconter ? D'autant que, parti d'Algérie à 2 ans en 1969, je ne pouvais partager les mêmes impressions que des personnes qui retrouvaient les lieux de leur jeunesse…
         Malgré tout, même sans souvenirs personnels, cette terre, j'y suis non seulement né, mais elle représente pour moi des heures, des années, à entendre parler de gens et de lieux sur lesquels il n'y avait aucune image à mettre…sinon celle de la frustration…Alors ce voyage m'a tout d'abord permis de découvrir où je suis né, où j'ai vécu ainsi que ma famille durant plusieurs générations et ainsi mettre des images sur ce qui n'était que des noms, comme si je retrouvais un sens perdu. Mais ce " retour aux sources " m'a permis bien plus que de découvrir des lieux. J'ai eu la chance de retrouver sur place 7 autres membres de ma famille. Cette situation particulière m'a laissé entrevoir la densité et l'intensité des relations de sociabilité dans ces espaces…Il y avait parmi nous un cousin que je ne connaissais même pas alors que nous habitons à moins de 300 kilomètres les uns des autres…Combien étaient ils ces cousins, ces amis que l'on côtoyait et qui d'un seul coup ont disparu du quotidien ? Finalement, je me demande si ce n'est pas ça, cette distance spatio-temporelle avec les lieux mais aussi les gens qu'on aime, la famille, les amis… qui a le plus manqué à ceux qui ont subi l'exode…Pour la plupart d'entre nous, enfants de ceux qui ont des souvenirs, cette charge affective est moins forte, ce qui explique sans doute que beaucoup n'éprouvent pas le besoin ou le désir d'aller voir quelque chose qui quelque part leur est devenu étranger. Ils se sont construits ailleurs et sans ça. C'est l'explication que j'ai trouvée au fait d'être le seul de ma génération à avoir eu ce besoin.
         C'est peut être aussi ça les conséquences de l'exode …Je préfère dire exode que rapatriement…rapatriement c'est le retour sur la terre des pères… au bout de six générations, la terre des pères c'est quoi ? c'est où ? Est-ce ce village perché dans la forêt, surplombant un paysage maritime à couper le souffle où a atterri mon aïeul, ou celui, tout gris, perdu au milieu des forêts vosgiennes d'où il venait, que je suis allé voir il y a quelques années et qui me vaut ce patronyme si français… ou bien encore ces terres maltaises et italiennes d'où sont venues les femmes de la famille au combien non moins importantes dans la transmission de cette culture bariolée qui nous caractérise ? Une culture qui risque d'ailleurs de disparaître…Qui parle encore cette langue colorée et imagée des gens de la colonne qui me faisait tant rire il y a quelques années ?


         Concernant le groupe, bien que l'ayant assez brièvement côtoyé, j'en garde étrangement un bon souvenir. J'ai tout d'abord été agréablement surpris par la bonhomie et la décontraction qui régnait, à laquelle les facéties de Roland et Christian ne sont sans doute pas étrangères. Ensuite, par l'absence de conflits ou de tensions, propres à toute activité de groupe qui dure plus de quelques heures…Enfin et surtout, j'ai apprécié le fait de ne pas avoir entendu de ressentiment, de propos aigris ou revanchards. Bien sûr, il y a eu des déceptions de ne pas retrouver en l'état ce que l'on a laissé… Ne serait-ce que de mon côté, les occasions n'ont pas manqué : de la ferme de mon grand père maternel qui a été rasée au caveau de ma grand mère maternelle, dépouillé de tout son marbre, souillé de traces de feu, d'urine et de graffitis obscènes auquel on a essayé de redonner un peu de dignité, en passant par la maison familiale de mon père partiellement effondrée. Je n'oublierai pas l'émotion suscitée par la vue des gravats et j'espère que mes parents ne m'en voudront pas de les avoir incités à faire ce voyage …
         Mais revenons au groupe. Comme je le disais, pas de ressentiment. Le sentiment cultivé par les membres du groupe était plutôt celui du bonheur des petites sensations retrouvées : le goût du cidre " selecto " qui rappelait l'enfance, le plaisir d'un créponnet savouré sur le cour Bertagna ou du poisson frais mangé au bord de la mer…Plus particulièrement, il me reste quelques images furtives. Ce fut Chaker, venu me chercher à l'aéroport, avec qui le courant est tout de suite passé et que je regrette de ne pas avoir eut le temps de revoir. J'espère que ce n'est que partie remise. C'est aussi le contraste entre la carrure de force de la nature d'Elie et la douceur, la jovialité qui se dégageait de lui dans ses contacts avec autrui. Et puis ce regard dans le vague, surpris lors d'un repas, indescriptible, mais d'une profondeur d'âme certaine, une sorte de mélancolie nostalgique, de " saudade " sémitique ?… Que dire également de l'étrange sensation d'avoir toujours connu Henri ou Suzette, comme s'ils avaient toujours fait partie de la famille, sans doute le signe que quelque part on vient bien de la même planète…Un peu comme avec Hocine, vers qui je me suis rapidement senti attiré malgré la différence d'âge et de parcours. J'ai apprécié nos échanges qui je l'espère pourront se poursuivre, comme une preuve que, malgré l'histoire, ou peut être à cause de l'histoire, des liens existent, résistent… telle la joie de mon père d'avoir retrouvé ses amis algériens perdus de vue depuis 37 ans…

         Alors pour tout ça, je tiens à remercier Jean-Pierre et " tantie " Jeanine comme l'on dit ici, sans qui cela ne serait pas arrivé…Et pour avoir eu à côtoyer quelques minutes un autre " chef de groupe ", je n'en ai que plus apprécié d'être parti avec Jean-Pierre. La preuve qu'au delà d'une reconnaissance institutionnelle, on pouvait aussi accorder de l'importance au partage des émotions, à la reconnaissance du cœur …

Philippe L'Hote       



Ce fil fragile d'Ariane…

RETOUR VERS LE PASSE I

         Après une année de tension, de stress, d'angoisses, craignant le moindre petit " grain de sable", la moindre information qui aurait pu enrayer la Machine ...l'avion m'a enfin posée sur la terre chérie de mon Enfance, le 16 avril 2OO6, 44 ans après ..

         Un aéroport inconnu pour moi, un bus, une route, où suis-je ? Mes yeux sont des radars, il me faut lire plus loin " Bienvenue à … " et un peu plus loin encore voir l'horloge de la Gare, mais oui, ÇA Y EST J'Y SUIS. Geneviève pince moi ! (Hé pas si fort !) Non je ne rêve pas, Oh temps suspend ton vol ! ! L'Hôtel 'Super', le balcon, la vue : c'est là, mais non, plus loin à droite à gauche ? On verra demain ... je pense si fort à mon quartier à ma rue, à ma maison, au Cimetière où mon frère est resté, mais il faudra attendre quelques jours, à cause des excursions ..

         Il y a beaucoup de monde dans les rues, beaucoup de voitures de taxi. J'étais partie au temps des calèches, super jolies, blanches pour les mariages noires pour les enterrements.
         Je me suis revue jouant sur les pavés brûlants, et voir passer les marchands de pastèques rouges bien sur, le trou le confirmait, de figues de barbarie " attention, disaient nos mères, au bouchon ! " charrettes tirées par un bourriquot !
         Et les autres avec d'énormes plaques sur la tête, remplies de beignets où de pâtisseries orientales ! les abeilles tournant autour ..hum Et les arroseuses municipales ! ! Quelle époque formidable ! Les marchands de cacahuètes sont toujours là pareil, avec leur petit verre et leur cornet de papier.


         Et enfin quand après tous les " BIENVENUE CHEZ VOUS " revoir enfin La Gazelle, sa rue, sa maison, son école, l'accueil chaleureux des habitants, c'est une chose que je n'oublierai jamais ...

         Que L'Algérie est belle, pouvoir la visiter de long en large, Constantine, vers Souk-Arhas, cette verdure, cette terre riche, c'est magnifique, La Calle, Herbillon, Bugeaud, ces plages, les plages d'Annaba, ces criques, c'est extraordinaire, elles n'ont rien à envier à d'autres pays, c'est clair ..

         " Non ce fil fragile d'Ariane qui nous relie à L'Algérie, ne cassera jamais "! L'émotion au Cimetière, à la messe à Saint-Augustin ; autant de moments inoubliables, à jamais immortalisés avec les photos.

         En conclusion, je me demande : Aurions-nous " peut-être " pu continuer à vivre heureux là-bas, comme avant, TOUTES COMMUNAUTES CONFONDUES, partageant les mêmes bancs d'école, les mêmes jeux, les mêmes fêtes ?

         Le destin en a décidé autrement ... C'est la vie.

         Amitiés bônoises à tous.
         Suzette 'son mouchoir '
         A mounir ........

ANGELE BUSSOLA       
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        (Texte lu et remis le 27 Avril 2006 à l'Hôtel)

         A Jean-Pierre……….

         Je ne pouvais faire ce voyage, le plus BEAU DE MA VIE, sans rendre hommage à Notre Ami, Jean-Pierre BARTOLINI. Sans lui, nous n'aurions jamais vécu ces moments magiques, riches en émotions fortes.

         J'espère trouver les mots assez forts pour exprimer tout ce que j'ai ressenti depuis que j'ai su que j'allais revoir mon pays natal…

         J'ai eu beaucoup de chance de rencontrer, il y a une dizaine d'années, ce couple extraordinaire qu'est Jean-Pierre et Jeanine, fait d'amitiés sincères, d'honnêteté et de générosité.

         Jean-Pierre qui, malgré tous " LES BATONS DANS LES ROUES " comme on disait chez nous, a tenu à s'investir A FOND dans ce voyage, ce pèlerinage, ne ménageant ni son temps, ni son argent, pour nous permettre de remarcher sur les traces de notre enfance, 44 ANS APRES…. Et tout cela dans les meilleures conditions… Beaucoup ont plus vu en 10 jours qu'en 20 ans !!!

         Maintenant que tout est accompli, je pense me faire le porte parole de tous ici, en disant :

         M E R C I Jean-Pierre du fond du cœur,

         Merci à tous, organisateurs, Annabis pour leur chaleureux accueil et tous leurs " bienvenue chez vous ",

         Merci pour l'accueil à tous et le mot de la fin sera :

         " I N C H A L L A H !!!!!!!!!!! ………… "

ANGELE BUSSOLA       

P.S. : Un Merci tout particulier pour Mounir et Hocine (ils savent pourquoi)



Les armes du Bonheur

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         Ce deuxième voyage, après des mois de projets et de préparation, a pris tournure définitive à la veillée de Noël 2005 par un appel de mon copain Hocine Rizzi qui se trouvait à Alger et qui me souhaitait une bonne fête. Au cours de la discussion, il me demandait les dates de mon prochain voyage et il m'a mis en contact avec l'agence Mili Voyage avec qui nous avons conclu un marché et la mise en place du programme que j'avais préparé. Merci et bravo à l'agence Mili pour le respect des engagements et la bonne marche du séjour dans une discrétion parfaite.
         Le 1er janvier, lancement des inscriptions officielles. Au 15 janvier, 114 inscrits. Comme je sais qu'il y a toujours des défections, j'avais retenu pour 80 places. Mais les défaitistes, les mauvais, les haineux, ceux qui n'ont pas compris que d'autres ont besoin de retrouver leur terre et leurs racines, tous ceux -là ont fait un travail de démolition en persuadant les plus faibles de ne pas faire le voyage. A ceux-là sont venus s'ajouter, ceux qui ont eu de véritables empêchements. Résultat, au départ le 16 avril, nous étions 37. Oui 37, mais les meilleurs, un groupe dont la majorité ne se connaissait pas ; qui ont commencé à dialoguer par Internet. Un groupe qui a très vite sympathisé, devenu amical puis familial avec la durée du séjour. Les plus anciens prenant sous leur ailes les plus jeunes et jouant les " pères " racontant des pans de vie et les lieux à leurs enfants. Merci Yves, Jean, Carmen, Georges, Denise, Christian, Augustin, etc..

        Le jour du départ arrive, le dimanche 16 avril, rendez-vous à l'aéroport de Marignane à 10H. Tout le monde s'est reconnu muni du trombinoscope, concocté par notre mère Noëlle, tout un symbole. Distribution de billets, passeports, enregistrement des bagages, puis embarquement dans l'avion qui en 1H 10mn nous a ramené chez nous.


         Cette année, l'émotion à la pose du pied sur le sol à été différente pour ceux qui avait déjà fait le voyage 2005, mais les autres ont ressenti une joie qui a fait couler des larmes de bonheur.
         Les formalités de douane et récupération de bagages rapidement faits, nous voilà sortis en compagnie de Mounir, notre accompagnateur désigné que nous découvrons et que nous apprécierons tout au long du séjour.
         Bien entendu, notre Ami Rachid Habbachi nous attendait de pied ferme et c'est en sa compagnie que nous sommes montés dans le bus.
         Nous avons fait le voyage aérien en compagnie d'un groupe de Souk-Arhassiens pris en charge par une de nos charmantes accompagnatrices 2005, Amel, et les deux bus sont partis ensemble escortés comme d'habitude.
         Nous nous sommes retrouvés à la plage de la Patelle où les responsables du voyage des Souk-Arhassiens nous ont offert le thé de l'amitié. Premier contact avec le sable et la mer, avec vue sur le Phare du Cap de Garde.
         Nous avons laissé nos compatriotes de Souk-Arhas à leur Hôtel en bordure de mer et nous sommes rendus à l'Hôtel Seybouse, notre lieu de résidence, choisi pour sa situation géographique ; son confort ; son accueil ; le professionnalisme et la gentillesse de tout le personnel, du directeur à la dame de ménage ; et sa restauration qui nous laissait le choix des menus. Le séjour hôtelier a été conforme à ce que l'on attendait. Bravo l'Hôtel Seybouse qui mérite tous nos remerciements et félicitations.
         Après la distribution des chambres, la pose des bagages avec un rapide tour sur les terrasses, nous revoilà au bas de l'hôtel. Entre temps, en compagnie de Mounir, j'ai du me rendre à Air Algérie et j'en ai profité pour déguster mon premier créponnet. Des petits groupes se sont formés et ont pris des directions différentes pour aller se promener et humer l'air de Bône. Avec Jeanine, mon épouse et Robert Guittard, mon ami d'enfance, nous sommes allés à la rue d'Arsonval où il habitait et à la rue de Savoie où j'habitais une partie de mon enfance. Nous avons retrouvé avec joie notre Ami Omar, qui a pris le surnom de son père, Omar Tonton. Après ce tour dans notre quartier de la cité Bona, retour à l'hôtel pour le dîner avec tout le groupe reformé et première nuit à Bône.

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        Lundi 17 : Pour moi, lever à 5 H et à 6H, première visite chez mon marchand de Beignets avant de revenir à l'Hôtel prendre mon thé et où j'avais commandé pour le groupe des beignets. Une fois que tout le monde s'est rassasié avec le petit déjeuner très copieux que l'on mettait à notre disposition, nous voilà rassemblé dans le bus avec un premier départ.


         Direction le cimetière européen où chacun a tenté et parfois retrouvé des tombes chères à son cœur. Beaucoup d'entre nous, avaient des missions de personnes qui ne pouvaient pas faire le voyage. A savoir, localiser des tombes, constater l'état et les fleurir si possible. Malgré les difficultés dues en grande partie aux informations approximatives, beaucoup d'entre elles ont été accomplies.

         Le cimetière européen est entretenu par la mairie au point de vue allées et murs d'enceinte. Les caveaux et tombes de part et d'autre des allées sont dans un bon état, réparé pour certains. Malheureusement, lorsque l'on pénètre à l'intérieur des carrés, nous constatons encore qu'il y a trop de tombes saccagées. Le temps passé et l'érosion ont une part dans la dégradation mais la très grosse part en revient au vandalisme. Il y a des carrés où il est très difficile de rentrer et circuler. Du travail a été fait, il en reste encore énormément à faire. Il y a l'association In Mémoriam qui veille, qui arrange quelques plaques ou croix, pas plus car l'entretien et la réparation en incombent aux familles !!!
         Quelles seraient les solutions ?
1) Que le gouvernement français prenne en charge ces travaux et assure son suivi, ce serait dans la logique de la réparation et de l'indemnisation qui nous sont dues, du fait de notre déportation voulue par la France.
2) Que les familles fassent appel à des artisans locaux pour réparer les tombes et à des amis pour aller les entretenir et fleurir pendant notre absence.
3) Les deux premiers points imposent que la Mairie, les autorités locales et le Consulat Français assurent un vrai gardiennage avec une surveillance pour garantir la pérennité de ces lieux de mémoire et de repos.
         Pourquoi le cimetière Anglais est intact, pas de dégâts, un entretien irréprochable, un respect que les autres cimetières (européens, juif et arabe) n'arrivent pas à obtenir ? Il y a sûrement des raisons d'état qui nous dépassent mais que nous n'acceptons pas. LA France doit s'impliquer davantage, car l'Angleterre a sûrement plus de respect pour ses défunts que la France envers ses enfants. La dégradation actuelle de la France en est un exemple frappant.

         10H 30, visite du cimetière juif, c'est la désolation, le comble de l'horreur, l'abandon le plus complet, le saccage est incommensurable. L'entrée est fermée, il a fallu escalader une ouverture dans ce qui reste de mur d'enceinte, pour pouvoir y pénétrer. Une honte pour la France, pour l'Algérie et aussi pour le consistoire juif qui ne fait rien. Nous avons demandé à M. le Consul français de rapatrier les restes dans le cimetière européen où il y a de la place. M. le Consul nous a expliqué que le consistoire était opposé car la religion juive n'autorisait pas le déplacement des restes juifs. PEUPLE JUIF, réveillez-vous, ne laissez pas vos ancêtres être profanés comme cela.
         La Mairie doit refaire le mur de clôture, je ne pense pas que cela soit la meilleure solution car les tombes resteront en l'état. Un beau jour, ce cimetière sera complètement rasé au bulldozer (peut-être, même pas par les autorités locales) et ces restes seront jetés dans une décharge à la merci des chiens. Je vous lance ce cri, faites pression sur ce consistoire juif d'Alger pour qu'il autorise et demande officiellement le déplacement de ces défunts vers le cimetière européen. Vos morts, qui sont aussi les nôtres, ont droit au respect le plus élémentaire. Et si le consistoire refuse, prenez vous-même la décision de faire déplacer vos familles dans un lieu plus adéquat, c'est votre droit et votre devoir. Ce n'est plus une question essentiellement religieuse, la religion a ses règles, la conscience humaine a les siennes pour le respect de ces morts.

         Après la vue de ce lieu d'apocalypse, nous montons vers Bugeaud. Malheureusement, le brouillard nous a gâché cette virée. Nous nous sommes rattrapés en déjeunant, pour la plus grande partie du groupe, dans un restaurant avec un copieux repas confectionné à la demande car les cuisiniers n'attendaient pas autant de monde. Une bonne partie de rigolade et de plaisir sous les airs enchanteurs des canaris et chardonnerets avec l'odeur des fleurs du petit jardin.


         14H 30, nous retrouvons l'autre partie du groupe qui avait déjeuné chez des amis à l'Hôtel Mountaza.

         Nous arrivons au Cap de Garde, l'accès au phare nous est refusé par le gardien car sous contrôle de la marine. Une autorisation spéciale est nécessaire. Nous redescendons vers le Vivier et un petit groupe m'a suivi jusqu'à la pointe la plus avancée du cap de Garde. Un tour à la buvette pour boire une bière allemande et prendre un rendez-vous qui sera conté plus loin.


         Nous rentrons par les plages et nous nous arrêtons au cimetière musulman, celui qui a fait la renommée de Bône " Voir li cimitière de Bône, envie di mourir y ti donne ". Ce cimetière non plus n'a pas été épargné par les vandales, les barbares.
         La tombe de Mme Charlotte Eberhardt est toujours là, pas trop abîmée. Ce cimetière mériterait lui aussi une grande réhabilitation rien que pour la mémoire et pour ceux qui sont sous cette terre. Quelques familles tentent de remettre en état mais ce n'est pas suffisant.

         Tous les morts, quelle que soit leurs religions, ont droit au repos éternel avec le respect qui leur est dû. Ils font partie des racines du pays, ils ont apporté la vie, ils ont contribué à l'essor du pays à chaque étape des générations, avant, pendant et après la présence française.

         16H 30, retour à l'hôtel, une bonne douche et nous voilà repartis par petits groupes ou individuellement vers nos quartiers où chacun a pu retrouver sa maison ou ses amis, avec un petit passage obligatoire sur le Cours Bertagna pour y déguster….. Le Créponet bônois à l'Ours Polaire. 20H, dîner en commun avec des rigolades déclenchées par les " Historiens " Christian et Roland.

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        Mardi 18 : Temps maussade, il pluvine. Lever tôt pour les amateurs qui me suivent chez notre ami tunisien, le roi du Beignet.
         Rassemblement et départ pour La Calle en longeant la route du littoral, le lac des oiseaux. Arrivée au Bastion de France " La Vieille Calle ", la plus ancienne présence française en Algérie. Ce " Comptoir-Forteresse " construit près de La Calle par des marseillais d'origine corse, les frères Lenche, en vertu d'un privilège exclusif pour la pêche au corail, consenti par le " gouvernement " barbaresque d'Alger en 1552. Il fut abandonné et repris par les Italiens, etc… une longue histoire à connaître. Il ne reste plus que quelques ruines, des murs du Fortin, connues sous le nom de " Marsa el-Kerraz ". La petite plage est attirante
         Du côté droit de la plage, des rochers façonnés par le temps et l'assaut des vagues, nous voyons La Calle et plus loin Tabarka. Un vieil homme lui aussi façonné par le temps et le soleil, faisant partie du décor, semble regardé et gardé ces lieux chargés d'histoire.



         Nous descendons à La Calle par une nouvelle route en construction, l'ancien chemin des muletiers. Nous devons remercier l'escorte, le chauffeur de bus, les ouvriers qui nous ont facilité le passage sur ce tracé pas encore goudronné et qui nous ont dégagé des endroits pour permettre au bus d'avancer. Louons ces gens pour leur gentillesse et leur propension à se mettre au devant pour nous faire plaisir par amitié. En France, nous aurions été refoulé sans ménagement. Ils nous ont permis de découvrir La Calle par un côté inhabituel avec des vues magnifiques de cette baie. Qui part du Cap Rosa vers Tabarka.
         A La Calle, quelques averses et une bonne promenade le long des rues ; une visite, pour certains, au cimetière dont l'état est excellent. Il paraît que les réparations ont été faites par les artisans du coin et l'entretien confié à des amis musulmans, sous l'œil bénévole de l'association des Callois. Si cela est vrai, BRAVO les Callois.
         Le déjeuner pris dans un restaurant tenu par un " Franco/Algérien " ou l'inverse, ne nous laissera pas un grand souvenir avec un prix européen, un mauvais vin, des plats froids, etc., bref un restaurant pas à la hauteur de la réputation qui nous avait été faite. C'est la raison pour laquelle, pour la suite du séjour nous avons privilégié les petits restaurants ne payant pas de mine comme celui de Bugeaud mais où nous Mangions sans chichi et avec le sourire.
         Au cours de ce repas, nous avons accueilli notre benjamin, Philippe L'Hote qui arrivait du Niger et que nous avions fait rejoindre le groupe et ses parents en taxi, grâce à l'organisation mise en place.
         15H, cap sur le Lac Tonga à la frontière Tunisienne, prés de Tabarka. Une réserve de faune et de flore où même une ballade en barque nous était proposée. Le temps trop juste nous a fait renoncer. Des explications très savantes, du conservateur des Eaux et Forêts, nous ont appris la richesse de cette réserve. Nous avons retrouvé des acacias aux grosses épines pour manger les escargots.

         Après cet intermède écologique, en passant par Le Tarf, Blandan, nous voilà à Randon, l'accueil toujours aussi chaleureux et expansif de la foule qui s'est précipitée à notre descente du bus et jusqu'à l'école où notre Juliette Bardin a retrouvé les bancs de son enfance.
         L'heure tournant, nous faisons des arrêts dans les Fermes Françaises pour nos amies Juliette Bardin et Marie Paule Faure, qui ont vécu dans ces lieux. Je tiens à signaler que leurs parents n'étaient pas les affreux colons que l'on décrit dans les manuels scolaires, c'étaient de simples fermiers travaillant pour une compagnie " Les Fermes Françaises " dont le siège était en France. Ces gens étaient les égaux des musulmans, l'accueil reçu en témoigne. Elles sont retournées seules (avec leurs époux) en taxi pour retrouver ces lieux pleins de souvenirs.

         Après cette journée chargée en émotions, en vision, en souvenirs et en fatigue, nous avons pris le dîner et beaucoup d'entre nous ne sont pas sortis le soir. Néanmoins avec un groupe de courageux, nous avons fait quand même un tour en ville à 23 H, histoire de prendre l'air frais. A dire vrai, on voulait se taper un créponnet, mais les kiosques étaient fermés.

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        Mercredi 19 avril : Le temps est au beau, il ne nous quittera pratiquement plus. Après le beignet et le petit déjeuner, nous voilà prêt pour une autre journée de découverte pour la majorité.
         8H 30, départ pour Herbillon. La route par Aïn-Mokra n'a pas tellement changée, un peu plus large, toujours des virages au travers du massif de l'Edough. Une escorte insolite nous accompagne avec un chef qui s'est mis à notre disposition pour nous faire aller où l'on voulait.


         Avant l'arrivée sur Herbillon, le bus s'est arrêté sur les hauteurs dominant la baie pour nous faire admirer la plus belle baie du monde. Le temps de réserver au restaurant et j'indique la direction du Cap de Fer, Malheureusement le bus n'a pas pu aller plus loin que la petite plage du pied de ce Cap.

         Nous avons quand même pris un bon bol d'air et d'eau pour certains, puis le chef d'escorte me demande si je veux aller au Cap Toukauch, il se faisait fort de faire passer le bus. Tout le monde est d'accord et nous voilà parti pour cette route où le bus, hélas, a du s'arrêter à environ 4 Km du phare. Rien ne nous arrête, marche à pieds, certains ont été jusqu'à l'ancienne tour, d'autres ont été amené en voiture par le chef d'escorte jusqu'à la tour. Les plus courageux ont commencé à monter à pieds jusqu'au phare et ensuite jusque sur une butte où une vision féerique nous attendait. C'est là que se trouve la plus belle anse du monde. On pourrait rester des heures à l'admirer. Un endroit où il était difficile de s'arracher, dans ces moments là on ne sent pas les efforts et la fatigue qui ne sont plus tellement de nos ages sans entraînement. Au diable l'avarice de l'effort et les varices des jambes. Merci Geneviève, Suzette, Roland pour m'avoir accompagné et à Noëlle qui est arrivée jusqu'au phare et qui nous a pas vu grimper sur la butte dominant l'anse féérique.

         L'heure du repas arrive, le restaurant retenu est parfait, nous nous installons à l'extérieur. Vite servis, les merguez et le poisson sont les plats commandés avec une entrée copieuse et un dessert à volonté, puis des plats de résistance resservis avant encore du dessert. Café et boissons Sélecto et Bona qui nous ont replongé quelques années passées.

         14H, direction la plage de la Fontaine Romaine. Henri et Claire Lunardelli qui avaient emporté les maillots, ont pris les premiers bains à Herbillon. Avec Robert, nous avons longé la plage jusqu'à l'ancien quai en passant devant le Rocher du Lion, cela a ravivé le souvenir de nos journées passées sur cette " plage " où je venais en vélo, il fallait être sportif pour le faire, ou alors accroché derrière le bus, là il fallait être fou sur cette petite route. Avec le temps on se rend compte du danger. Une fois que nos nageurs se sont séchés au soleil avec une parole qu'Henri a failli regretter quelques jours plus tard. " Je me suis baigné à Herbillon, maintenant je peux mourir. ", nous avons repris le chemin du retour.

         16H, hôtel, douche et dispersion dans les rues de la ville. J'étais à l'Ours Polaire où je dégustais un créponnet avec Hasséne Kati lorsque mon copain Layachi Dib est venu me chercher et j'ai eu droit à un concert de musique Mahlouf, Arabo-Andalouse. En effet, avec son orchestre, j'ai assisté au Théâtre à la répétition du concert qu'il donnait les vendredi et samedi à Constantine dans le cadre du Festival de cette musique douce et envoûtante. Merci Layachi, merci l'équipe.
         L'heure du repas approchant, j'ai rejoint mes compagnons à l'hôtel où nous avons fini la soirée tous ensemble dans la joie avec nos " historiens maison ".

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        Jeudi 20 Avril : 7H 30, départ pour Souk Arhas. Nous faisons un 1er arrêt à Mondovi pour voir la forge de l'oncle de Bernard Gauci et pour voir la maison d'Albert Camus.


         La route suit en grande partie la Seybouse. Le paysage est magnifique, à lui seul il mérite un film. Nous constatons et avons la confirmation du renouveau de la vigne et des oliviers. Les champs de blé font plaisir à voir. L'agriculture jusqu'à Souk Arhas est en plein essor. Très peu de terrains à l'abandon.

         La ville de Souk Arhas, malgré l'augmentation de sa population a eu une harmonisation qui ne choque pas. Il y a même une recherche de style.
         Le bus s'arrête sur le parking de l'Olivier de Saint Augustin. Cet olivier de légende d'au moins 17 siècles aurait servi de lieux de méditation dans la jeunesse du saint homme, le père de l'église et natif de cette ville. Un petit musée en voie d'élaboration se trouve juste à coté de cet arbre d'où chacun a emporté un rameau avec des petites olives " noirtes ".

         Pendant que Yves Jan et d'autres allaient au cimetière, qui est dans un état remarquable et cela grâce à la petite association de Souk Arhas qui utilise les mêmes méthodes que celles de La Calle. Félicitations M. Gilbert Quaranta pour ton implication dans ce travail aux cotés de la mairie. Cela prouve qu'avec de petits moyens, on peut faire aussi de bonnes œuvres.
         Nous parcourons les rues du centre ville, où la Mairie est en pleine rénovation. Sur la place, le Kiosque à musique est toujours là contrairement à celui de Bône et, paraît-il, il continue de servir. Le lion est toujours là aussi et monte la garde.

         Nous avons la chance d'assister à un défilé en voiture d'un mariage avec klaxons, cris et chants, filmé par une femme debout à l'arrière d'un véhicule.

         Au cours de cette marche au milieu de cette population bon enfant et accueillante, nous rencontrons des enfants en costume traditionnel.

         Les femmes du groupe en profitent pour visiter une boutique où le commerçant s'est fait un plaisir à sortir les créations de robes plus jolies les unes que les autres avec des broderies de fils d'or et d'argent. Du vrai travail d'artisanat.
         L'heure du repas nous rappelle que le moment est venu de rejoindre le bus et les copains. Nous déjeunons dans un petit restaurant sympa. Après un dernier tour en bus de cette petite ville, nous prenons la direction de Guelma en passant devant une ancienne fontaine chère aux souvenirs de Christian Migliaccio.
         Arrivée à Hammam Meskhoutine où nous retrouvons nos compatriotes souk-arhassiens. Les chutes d'eaux plusieurs fois millénaire sont un patrimoine très visité. Le détournement pour une affaire commerciale d'une partie de cette eau chaude, bouillante (95°), met en péril la survie de ce mur peut-être unique au monde. Il devrait être classé au patrimoine mondial. Cela est criminel de détruire lentement mais sûrement ce lieu de légende. (Voir texte de Rachid Habbachi, plus loin).

         Les visites à 16H 30 du Théâtre Romain et des ruines d'Héliopolis sont écourtées car les lieux sont déjà fermés. L'entêtement du conservateur ou gardien contre des personnes est une affaire algérienne dont nous avons fait les frais. C'est dommage, non professionnel et anti culturel. Je pense que les autorités devraient être plus soucieuses et à l'écoute de la demande touristique.
         Nous reprenons la route en direction de Nechméya et s'arrêter devant l'ancien bar de Carmen Weiss née Bussola. Le bar est en réparation et fermé. La famille Bussola reviendra en taxi et aura accès.

         La route du retour accompagnée par des escortes, " Police et Gendarmerie ", qui se " disputaient " ce privilège, avec beaucoup d'arrêts et d'attente, nous a fait perdre beaucoup de temps et l'énervement commençait à gagner. Heureusement, l'entrée dans la willaya de Bône avec l'escorte mieux organisée, que nous connaissons, s'est bien déroulée jusqu'à l'Hôtel.
         C'est vrai que l'escorte est une contrainte, mais nous devons comprendre les autorités qui veulent assurer notre sécurité et empêcher tout incident. Les incidents diplomatiques et les décisions du chef de l'état Algérien sur l'islamisme incitent à la prudence. D'ailleurs les populations locales nous font ressentir les craintes qu'elles ont pour l'avenir. On pourrait dire que ces affaires ne nous concernent pas, mais c'est quand même notre pays et nous n'aimerions pas qu'il retombe dans les affres d'une nouvelle guerre néfaste pour tout le monde.
         Retour à l'hôtel, douche, petit tour créponnet dans la ville, c'est devenu une habitude, jusqu'au dîner en commun.

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        Vendredi 21 avril : 8H 30, départ pour la Basilique de Saint Augustin et la messe dite par le Père Raphaël Abdilla. Je pense que cela a fait le bonheur du groupe dans ce lieu historique et qui en a profité pour faire bénir les rameaux de l'Olivier de Saint-Augustin.


         Petite anecdote : pendant que le groupe assistait à l'office à l'intérieur, assis avec Philippe L'Hote et Hocine Rizzi sur la balustrade, nous avons vu arriver deux petits bus avec des écoliers accompagnés par des professeurs pour une visite des lieux. Quelques instants après, une voiture est arrivée et a distribué à certains élèves (d'autres ont refusé) un petit dépliant de propagande islamiste. Nous avons trouvé cela complètement nul et dépassé. Nous avons commencé à entamer la conversation avec un professeur qui nous disait qu'il arrivait d'un bled du coté de Philippeville et qu'il amenait ses élèves sur des lieux historiques. Bien que lui-même musulman, il voulait faire connaître la basilique aux gosses dont certains étaient déjà des adolescents. Nous lui avons dit qu'après la messe, la visite serait ouverte avec le Père Abdilla.
         Il savait que ce lieu était très important dans l'histoire de l'Algérie mais n'en connaissait pas l'histoire complète. Et qui l'eut cru, c'est moi, non croyant et libre penseur mais respectant toute les religions sans en accepter les excès, qui s'est transformé en " petit professeur d'un jour " pour donner un cours d'histoire sur le Saint de la ville de Bône. Bien sûr que je n'ai pas manqué de lui donner l'adresse du site de Bône pour trouver des explications plus complètes sur la vie du père de l'Eglise ainsi que l'adresse de la Bibliothèque Nationale pour trouver des livres très intéressants. C'est un fait très réconfortant de savoir que des Algériens apprennent la véritable l'Histoire de leur pays. J'ai apprécié que des gosses, qui avaient pris, lu et gardé le dépliant islamiste, posent des questions.

         Après cet intermède de plaisir, nous sommes descendus vers les ruines d'Hippone en passant par le Théâtre Romain.
         Cette année un effort particulier a été fait. Un grand nettoyage a eu lieu, même les égouts romains ont été vidés, il reste encore du travail à faire. Nos remarques de l'année dernière ont peut-être été entendues, si c'est le cas, merci M. le Maire et M. le Président de l'A.P.W.
         Henri, " notre Saint-Homme " assis à la place du grand Saint et lisant un de ses écrits universels a fait passer un frisson dans l'assistance. La place nous manque pour mettre les nombreuses photos de ces ruines, mais nous en voyons au travers des pitreries des " Gamins " que nous sommes redevenus en ces lieux où jeunes scouts, nous avons fait les " archéologues ".

         Le musée étant fermé à midi, nous avons libéré le bus et nous sommes dispersés par petits groupes dans la ville. Avec un bon groupe nous nous sommes dirigés chez " Colombo " pour manger des douzaines de brochettes, merguez et côtelettes accompagnées de frites maison et de poivrons délicieusement préparés. Hocine Rizzi nous rapportant des petits gâteaux pour terminer ce repas avec le thé du patron.
         L'après midi a entamé les journées " totalement libres " qui avaient été décidées avant le départ.
         Les groupes se forment et se reforment suivant les lieux à voir, on se croise, on s'assoit pour prendre un verre, un thé ou un créponnet avec des amis que l'on retrouve ou avec des contacts spontanés. Le soir on fait notre dîner en commun toujours dans la bonne humeur et en famille.

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        Samedi 22 avril au soir : Réception au Consulat de France. Avant d'entrer dans le Consulat, une petite discussion serrée a lieu avec des reporters de M6 qui voulaient nous filmer. A première vue, cela aurait pu paraître naturel, mais lorsque j'ai demandé le thème du reportage et si nous avions un droit de regard sur ce reportage avec droit à l'image, c'est là que ça s'est corsé. Ces " reportants ", outre le fait qu'ils n'aient pas été invités, n'avaient même pas eu la politesse de nous contacter et voulaient se servir de notre voyage pour illustrer leur reportage dont le sujet était " ces Pieds-Noirs qui sont restés ". Cela nous ne concernait en aucune manière, et je ne voulais pas qu'ils utilisent notre image, y mettre des voix off avec des commentaires de propagande anti Pieds-Noirs. Cela s'est déjà vu, cela se verra peut-être (s'ils osent diffuser ces images) dans un montage cinématographique au cimetière (nous avons des témoins de leur trucage) qui sera diffusé dans " Zone Interdite " . Nous, nous sommes des exilés involontaires même des déportés et non pas des " déserteurs, fuyards ou traîtres " comme nous a traité un (piednoir) membre de l'Association In Mémoriam.

         M. le nouveau Consul, nous a reçu simplement, sans protocole, en ami dans ses appartements privés et cela cadrait bien avec un des buts du voyage, pas de réception officielle, de l'amitié et c'est tout.

         Nous avons eu quelques explications sur les cimetières et nous comprenons la réserve de M. le Consul suite aux situations diplomatiques intérieure et extérieure.

         Après avoir remercié M. le Consul et son épouse, nous avons pris congé et la plupart d'entre nous, sommes rentrés à pieds à l'Hôtel.


        Le dimanche matin 23 avril, un petit groupe est rentré en France avec regret, pris par des obligations professionnelles. Ils reviendront sûrement.

        Les journées du samedi 22 au mercredi 26 avril étant des journées plus personnelles et chacun a pu choisir ses directions soit individuellement soit en groupe. Cela a surtout permis à tous ceux qui voulaient revoir encore des lieux particuliers, comme les Fermes Françaises, Randon, Mondovi, Constantine, Rochnia, Nechméya, Joannonville, Duzerville, Saint-Paul, Bugeaud, etc. et surtout rendre visite à des amis ou connaissances. Ces jours ont été mis à profit pour faire la ville en long, en large, en travers ; manger du poisson à la grenouillère, Saint-Cloud ou Chapuis ; se gaver de pâtisserie ; s'en mettre plein la vue et les oreilles car les conversations à tous les coins de rues ou dans les maisons étaient ininterrompues avec des invitations qui fusaient de partout.
         Pour notre part avec Jeanine, nous avons été invité à manger chez Rachid et nous avons passé des moments familiaux avec sa charmante épouse.
         Bien sur Kamel Benyoussef nous a reçu en famille, aussi avec Noëlle Hatrel et Elie Salfati, tout un symbole, comme cela se pratiquait dans toute l'Algérie en tant de paix, sans distinction de religion, de croyance ou non croyance. Merci Kamel.
         Je ne peux pas oublier Layachi Dib, lui aussi en famille, tout simplement, nous a reçu pour des instants très importants.
         A chaque fois, nous repartions avec des cadeaux et un des cadeaux le plus symbolique et inédit vient de Layachi avec les camemberts de Saint-Augustin qu'il a déniché à la place d'Armes.
         Le Cours Bertagna et l'Ours Polaire ont été les Points phare des rendez-vous et retrouvailles, c'était l'occasion de boire et de manger, de discuter, de respirer l'air et l'ambiance de Bône. Les discussions avec Hasséne Kati, Sakraoui, Attoui, Ahmed le photographe qui a participé au livre de Paul Piro, Les musiciens de Layachi, Khadir lui aussi photographe d'art qui a fait un joli cadeau photographique à Jeanine et dont vous pouvez voir des œuvres sur http://www.eurl-nesma.com , et je ne peux les citer tous.


         C'est certain, nous n'avons pas pu honorer toutes les invitations. Merci à tous, Amis connus et inconnus qui sans fioritures, avec spontanéité, vous êtes venus à notre rencontre et accepté de parler à bâtons rompus du bon vieux temps sans haine ni reproche, mais avec fraternité.

         Je ne peux passer sous silence la journée spéciale du mardi 25 avril : Lors de notre première visite au Cap de Garde et avant de repartir, avec ceux qui m'avaient suivi à la pointe du cap, nous nous sommes arrêtés boire une bière à la buvette du Vivier, je dois dire de l'ancien Vivier. En parlant avec les propriétaires nous avons conclu de venir manger du poisson. Avec Roland, Christian, Claire, Mounir, Bernard et Geneviève (partis le dimanche), il nous fallait trouver une journée. Après réflexion et en fonction des petits programmes de chacun, nous avons fixé cette journée bonus pour le 25. Avec Mounir qui s'est fait notre intermédiaire pour la négociation, nous avons demandé et inscrit le repas.
         Le matin du 25, par groupe de 4, nous avons pris des taxis pour aller au vivier. Un ensemble de 20 personnes qui se demandaient si cette journée champêtre pourrait avoir lieu car le temps matinal sur Bône était encore pluvieux avec le reste de l'orage nocturne. En scrutant le ciel et allant chercher les pois chiches au camoun que j'avais commandé la veille, avec les plus fervents nous avons décidé d'y aller et quoi qu'il arrive, nous serions quand même à l'abri.
         Pendant que les taxis embarquaient tout le monde, je suis allé chez Rachid et Kamel pour récupérer des cannes à pêche puis j'ai rejoint en taxi les copains qui avaient déjà commencé à faire les oursins. Chacun prenant ses marques sur les rochers, dans les criques, dans le vivier où Roland a trouvé un Catsomarine. Avec Jean et Jeanine, j'ai entamé une partie de pêche qui n'a rien donné vu que les amorces n'étaient pas formidables pour des hameçons à prendre du requin (Clin d'œil à mes amis Rachid et Kamel). L'intention y était et on pourra dire, on a pêché au Cap de Garde en 2006.


         Puis j'ai invité Antoinette, Noëlle et Yves, Mounir nous rejoignant plus tard, à faire un petit peu d'escalade sur les rochers par un chemin qui m'est familier, à aller à la pointe la plus avancée du Cap de Garde. Là où j'allais adolescent après avoir rejoint le Vivier en vélo. A 14/15 ans on grimpait comme des chèvres, là on est plus prudent. Nous avons passé un grand moment à respirer cet air pur en méditant en silence devant la beauté du paysage qui nous entourait. L'heure du " Moment " arrivait et il nous fallait redescendre retrouver les Amis.

         La table est dressée, le feu est en marche, le poisson nettoyé, nous prenons les chaises ou les marches d'escaliers pour ceux qui n'avaient pas de chaise. Cela n'est pas grave car en famille on ne se gêne pas et pas de chichi. Nous commençons par une salade bien garnie avec des légumes frais cueillis qui avaient le goût des légumes. Puis la saga de la mer commence avec les oursins ouverts comme il faut, que l'on mangé avec délectation ; les sardines grillées sont arrivées ; puis des poivrons verts grillés aussi avec les pois chiches au " camoun " délicieuses à point ; puis les haricots de mer ; les crevettes en sauce ; c'est le tour des poissons : dorades, sars, figues de mer, brochet de mer, pageots, sparle, etc., nous n'avons pas pu finir le stock ; et une délicate attention du patron, du fromage et pas n'importe lequel, du camembert mais du Saint Augustin, un régal et à point ; des fruits, oranges, bananes, pommes et dattes sèches que j'avais ramené du marché. Et la surprise supplémentaire est venu de Jean Zammit qui nous a offert une mouna ramenée de chez lui et qu'il avait gardé secrètement pour un moment insolite, cette action résume l'esprit de ce groupe, de cette famille.

         Après un dernier petit tour sur les rochers ou dans l'eau, nous reprenons la route à pieds jusqu'à la plage de la Patelle pour les uns et jusqu'à l'Hôtel pour Claire, Noëlle, Suzette et Henri (11 Km) qui a déclaré " Heureusement que je ne sui pas mort après Herbillon, j'aurais loupé cette journée ".
         Une journée inoubliable à marquer dans nos mémoires. J'avais d'autres projets que le temps, hélas encore trop court, (12 jours) ne nous a pas permis de mettre en route, peut-être une prochaine fois !!!.

         La dernière soirée à l'Hôtel, avec l'anisette de Roland et de Daniel, pour l'entamer et où j'ai la joie d'accueillir mon copain Denis Fadda, venu donner des cours de droit international à la faculté d'Annaba.


         A la fin du repas et après la distribution d'enveloppes et de cadeaux, Angèle Bussola/Castells, une de mes " sœurs ", nous a fait cadeau, Jeanine et moi-même, d'un petit texte (plus-haut) de remerciements qui nous a touché au plus profond de nous même. MERCI Angèle, MERCI vous tous, vos Larmes de Bonheur sont mes Armes du Bonheur.

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        Le Jeudi 27 Avril, le départ vers l'aéroport s'est fait avec des pointes de peine de devoir " déjà " rentrer sur la terre d'exil pour la majorité d'entre nous. Malgré cela, nos historiens Christian et Roland ont su débrider le groupe avec les dernières blagues de derrière les fagots. L'arrivée à Marignane, dans un premier silence, s'est animée pour les derniers hussards devant un dernier verre de l'amitié avec des petits gâteaux sortis du sac à dos spécialement acheté pour emporter mon ravitaillement.


         Pour nous, ce voyage complète celui de l'année dernière où j'étais resté sur l'inachevé car pris par des obligations. J'ai profité comme tout le monde et comme je le disais l'année dernière, je suis prêt à repartir, tout comme mes compagnons de fortune. La lecture des impressions diverses ci-dessus confirme mon récit et tant pis pour les détracteurs qui ne connaîtront sûrement pas notre vécu.

         Je ne pourrai clore ce récit sans remercier tous les amis qui m'ont aidé par leur soutien moral, et par leur aide sur place :

les amis Hocine, Rachid, Kamel et Layachi sur place ; M. Saïdi, consul général d'Algérie ; le Consulat de France ; la congrégation religieuse ; les autorités locales de l'APW et de l'APC ; les services de sécurité et douaniére ; M. et Mme Atman Shanoun et toute son agence Mili Voyages ; Mlle Fathia d'Air Algérie ; et bien sur tout le groupe dont le comportement, la gentillesse, l'amabilité, le dévouement, la compréhension, la cohésion et l'ambiance ont permis cette réussite extraordinaire du séjour. Merci LA FAMILLE.

         Le plus grand MERCI revient à mon Epouse Jeanine, Bônoise par amour, qui a été à mes cotés dans tous les instants pour me soutenir et apporter le réconfort nécessaire et la modération face à l'adversité traduite par des menaces et des insultes.


Jean Pierre et Jeanine Bartolini       
La devise de Noëlle prend ici toute sa dimension:
"ENSEMBLE, nous formons un coeur,
dont chacun d'entre nous est l'un de ses battements"

Et un petit cadeau


LA LEGENDE DES MAUDITS
Par Rachid Habbachi
le 30 juillet 2003

        On a dit, redit et parfois même médit sur l'origine des monticules calcaires de forme conique qui ornent l'esplanade qui jouxte les cascades pétrifiées d'Hammam Meskhoutine, cette station thermale réputée des environs de Guelma en Algérie.
        Parmi ses guerriers, la tribu pouvait se glorifier de la présence dans ses rangs d'un cavalier émérite, le plus brave de tous et le plus riche, de toute la province, pour ne rien gâter, Sid Errezk le bien nommé (rezk voulant dire richesses, biens, propriétés) avait une sœur Yamenah, renommée dans tous le pays pour son port de reine et son extraordinaire beauté.
        De très nombreux prétendants, les plus riches, les plus puissants, les plus braves, les plus beaux, avaient demandé sa main, proposant des dots faramineuses en bétail et en or sans que Sid Errezk ait jamais accédé à aucune de ces demandes.
        Ces refus répétés ont fini par éveiller les consciences et, la rumeur aidant, il était clair que le frère tyrannique était épris de sa sœur et qu'il songeait même à l'épouser, acte s'il en est, réprouvé par toutes le règles de la morale qui régit le genre humain.
        Horrifiée par la nouvelle, la communauté tribale persuadée qu'un pareil crime ne pouvait être commis, espérait malgré tout qu'aucun Cadi (dignitaire musulman cumulant les fonctions de juge et d'officier d'Etat-civil) digne de ce nom et de sa fonction ne pourrait enfreindre une loi divine en bénissant une union incestueuse.
        La puissance, la richesse, peut-être même la peur eurent finalem