N° 30
Juin

http://www.bartolini.fr/bone

Les Bords de la SEYBOUSE à HIPPONE
1er Juin 2004
jean-pierre.bartolini@wanadoo.fr
LA SEYBOUSE
La petite Gazette de BÔNE la COQUETTE
Le site des Bônois en particulier et des Pieds-Noirs en Général
l'histoire de ce journal racontée par Louis ARNAUD
se trouve dans la page: La Seybouse,
Numéros Précédents: 1 , 2 , 3 , 4 , 5 , 6 , 7 , 8 , 9 , 10 , 11 , 12 , 13 , 14 , 15 , 16 , 17 , 18 , 19 , 20 , 21 , 22 , 23 , 24 , 25 , 26 , 27 , 28 , 29 , ,
EDITO

LA LOI pour les " RAPATRIES "
ou pour les " …TRIES " ?


        Fin 2003, une date, le 5 décembre, a été imposée par l'Etat pour honorer la mémoire des Anciens Combattants d'Afrique du Nord et mettre fin à la querelle du 19 mars. Nous pensions que nous étions sur la bonne voie de la reconnaissance envers nos communautés.
        Hélas, cela n'empêche pas d'odieux enfoirés d'édiles municipaux de continuer à inaugurer des places ou rues du 19 mars ou d'honorer des traîtres à la nation, par amour pour la sodomie nationale. Il faut remarquer qu'avec la célébration de mariages homo, la France continue dans la voie de la décadence morale. Et pire encore, dans la délinquance nationale en bravant les lois de notre pays.

        Dans la fin du 1er semestre 2004, une nouvelle loi sur les rapatriés doit être discutée et votée à l'Assemblée Nationale et certainement adoptée.
        Certes, on pourrait se dire, le 5 décembre, ce n'était pas qu'une simple mode passagère, nos revendications légitimes sont prises en considération, mais la lecture du projet de loi nous fait revenir à la réalité.

        C'est une loi électoraliste, un leurre, c'est à dire un texte rempli de promesses mais vide de sens profond. Là où le bât blesse, c'est que le Haut Comité aux Rapatriés (HCR) nommé et trié par le gouvernement est, dans sa majorité, partie prenante dans cette loi. Voir le texte officiel.

        Le Président Chirac a déclaré le 5 décembre 2003 : " Notre république doit assumer pleinement son devoir de mémoire. " Nous applaudissons cette déclaration comme le " Je vous ai compris " de l'époque.

        Maintenant la Réalité. Dans cette loi, il n'y a qu'un seul article important concernant cette déclaration Chiraquienne, c'est l'article premier.
        Article 1er
        " La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l'œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d'Algérie, au Maroc et en Tunisie ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. "

        Cet Article, qui pour nous est le plus important de cette loi, ne précise aucunement et en détail comment cette nation doit assumer sa reconnaissance et approfondir le devoir de mémoire, ni quels moyens seront mis en œuvre et dans quels domaines : Il y a l'histoire de la colonisation civilisatrice de la France et des apports européens, les archives, l'éducation nationale, les médias, la discrimination raciale à notre égard, les sanctuaires, le mémorial, les cimetières, les massacres des populations P.N. et Harkis, etc…
        Nous voudrions que tout cela soit clairement mentionné dans l'Article 1er de la loi et pas seulement dans l'exposé des motifs du projet de loi. C'est là toute l'ambiguïté du système parlementaire et législatif français.

        Certes, certains esprits savants vous diront : " Mais dans l'Exposé des Motifs, on vous parle de la vocation du Mémorial d'Outre-Mer, de ceci, de cela…. "
        Il faut leur répondre, qu'en droit français, seul ce qui est écrit dans les Articles de la loi, a valeur légale. Le reste n'est que de l'interprétation au gré des fantaisistes qui appliqueront cette loi, c'est à dire nos gouvernants politiques et administratifs.
        Là, où il est question du Mémorial d'Outre-Mer, encore de la poudre aux yeux. Un mémorial où nos communautés n'ont pas la possibilité d'infléchir les choix ou décisions.
        On ne peut pas mélanger les œuvres accomplies en Algérie Française qui était devenue une province de France, avec les autres Colonies. Les attaches et les rapports étaient différents.
        Je m'insurge contre cet amalgame où " L'Algérie Française " sera volontairement étouffée et mise une fois de plus sous séquestre dans ce Mémorial d'Outre-Mer.
        Notre identité communautaire disparaîtra et avec elle notre mémoire. C'est un des buts inavoués de nos gouvernants.
        Non, et je me répète, il faut un véritable Mémorial pour la défunte Algérie Française comprenant : lieux d'archivage, centre de documentation et de lecture, un grand Musée, salles de conférence, et qu'il soit accessible six jours sur sept. Il faut que ce Haut lieu de notre Mémoire soit dans une ville facilement accessible par tous les moyens de transport (comme Aix en Provence, par exemple), dans un grand espace protégé, avec parking et hors urbanisation douteuse et indélicate.
        C'est un travail qui incombe à notre millier d'associations.

        Conclusion, dans l'Article le plus important de cette loi, il n'y a que du vent, du Simoun, et ne comptons pas sur des décrets d'applications supplémentaires pour nous en préciser les limites ou les extensions. En France nous avons des lois en souffrance depuis de nombreuses années et qui ne peuvent être appliquées faute de décrets d'applications explicites.

        Par contre les 5 autres Articles sont plus détaillés et consacrés essentiellement aux indemnisations ou aides, au POGNON. Franchement, cela n'est pas le problème majeur des générations plus jeunes et des rapatriés modestes. Les indemnisations et le pognon ont occulté pendant plus de 40 ans cet Article 1er et avec cette loi, ils l'enterrent en 1ère classe.
        Ces 5 Articles veulent dire : lâchons quelques " os " à la minorité " des triés " qui a déjà été concernée par les précédentes lois d'indemnisation et qui eux se chargeront de calmer la fringale de la majorité des " ra-pa-triés. "

        Ce projet de loi, à nos yeux, ne répond pas de façon satisfaisante à l'attente générale de nos communautés expatriées.

        Cette loi préparée soit-disant en concertation avec les représentants du HCR, tous choisis à des titres divers par le gouvernement et sans dialogue avec les vrais représentants de la masse communautaire P.N. et Harki. Nous savons que dans ce HCR il y a des gens sincères qui travaillent dans l'ombre pendant que d'autres tirent les ficelles, surtout médiatiques, politiques et autres. Cette masse communautaire leur dit : " Mesdames et Messieurs ne jouez plus cette partition, il y a des fausses notes. " C'est à ces personnes là que je demande Haut et Fort de quitter ce Comité avant la discussion officielle à l'Assemblée Nationale pour marquer leur désapprobation et entraîner une démission collective. Il faut arrêter de cautionner notre enterrement.
        Les membres du HCR doivent démissionner, car s'ils ne le faisaient pas, ils confirmeraient ce que pense la très grande majorité de nos communautés, à savoir : " qu'ils ont été achetés par divers moyens, et qu'ils deviennent de fait, des Félons à la solde du pouvoir. "
        Pour mémoire, il faut savoir que la communauté musulmane a organisé un vote pour la désignation de ses représentants au Conseil du Culte musulman.
        Ça ne vous rappelle rien, le référendum du 8 avril 1962 où nos communautés concernées par cette consultation nationale, en ont été écartées illégalement. L'histoire s'est répétée 40 ans après, nous sommes les éternels rejetés de la nation, nous n'avons pas le droit de choisir ou de désigner. D'autres le font pour nous.

Nous ne demandons pas à être " compris ",
mais plutôt à être écoutés,
entendus et suivis dans nos légitimes attentes.

Aprés notre expatriation ou notre déportation, nous n'avons pas eu droit à des cellules psychologiques, mais depuis quarante ans les gouvernements entendent pratiquer leur médecine et nous soigner avec des lois.
" Cette médecine est un art qui consiste, selon Voltaire, à prescrire des remédes dont on ne sait pas grand-chose, pour soigner des maladies sur lesquelles on en sait encore moins, à des êtres dont on ne sait rien". (1)
        A tchao.

J.P. Bartolini        

(1) Citation rappelée par "les Echos" le 17/5/2004 à propos d'un docteur en médecine du gouvernement.


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"Je vous ai Compris" - bis
par Fred ARTZ
Texte paru sur - Pieds-Noirs d'hier et d'aujourd'hui -
N° 119 Avril 2004

        Bien qu'acculés entre mal et pire, nous ne pouvons nous satisfaire de N'IMPORTE QUOI et que l'on ne vienne pas nous faire le procès de " lynchage des vaincus " puisque, fidèle à ses procédés à la hussarde, Jean Pierre Raffarin n'a pas voulu comprendre ce que nous ne cessons de lui faire entendre depuis son entrée en fonction
         
LA LEÇON DES DERNIERES ELECTIONS.

         A en croire les gardiens du temple, ils auraient compris dès le soir du deuxième tour des régionales ce qu'il y avait à comprendre. Permettez aux Français d'Algérie d'en douter.
        La reconduction, à l'identique, dans le nouveau gouvernement des organes en charge de nos problèmes, nous laisse déduire que nous étions compris dès avant les élections de mars dernier et d'ailleurs n'avions-nous pas déjà été compris par De Gaulle en Octobre 1958.
        C'est dire si nous avons de bonnes raisons d'être insatisfaits.

         LE GOUVERNEMENT RAFFARIN II, comme d'ailleurs le RAFFARIN I, AVAIT POURTANT à COMPRENDRE que, le projet de loi dont le débat est prévu pour les tous prochains jours à venir, ne répond pas à l'attente essentielle des Français d'Afrique du Nord.
        Préparé après un simulacre de concertation et sans même tenir informés les soi-disant " représentants " du Haut Conseil des Rapatriés, qui avaient pourtant été choisis par le gouvernement à sa seule convenance et cela sans aucune considération de leur représentativité réelle ramenant ainsi cet organe à l'alibi de consultation qu'il est. Au demeurant on se demande bien pourquoi il est constitué de deux collèges égaux un musulman et un non musulman, comme aux plus belles heures de l'Assemblée Algérienne, période française.

         CE QUI RESTE A COMPRENDRE AU GOUVERNEMENT RAFFARIN III.
        Après le drame dont ils ont été victimes, les Français d'Algérie n'acceptent pas d'être traités comme ils le sont depuis plus de 40 ans.
        Certes les gaullistes d'hier qui se respecteraient et ceux qui se réclament aujourd'hui de cet héritage ne peuvent pas être à l'aise en regardant en face les procédés trop souvent honteux qui ont été employé à l'époque de la Guerre d'Algérie à seule fin de satisfaire les ambitions démesurées d'un homme pressé, avide de gloriole, qui rêvait de voir sa grandeur régner sur le monde.
        Les Français doivent savoir que nous demeurons les victimes de cette Ve République naissante, confortée par une majorité à toute épreuve durant plus de vingt années qui a recouru, notamment en 1960, à des procédés fallacieux illégaux comme le S.A.C (service d'action civique du gaullisme flamboyant) ainsi qu'aux BARBOUZES en tous genres qui n'étaient que des hommes de main sans scrupule et plus généralement des repris de justice qui, hors de toute légalité et sans morale aucune, ont obtenu du Pouvoir gaulliste les moyens d'agir hors la loi en son nom et place, pour arrêter , interner, torturer et assassiner des citoyens français des départements d'Algérie, dont le seul crime était de défendre leur famille livrée aux assassins du FLN par l'Etat français.
        Il faut savoir que ce pouvoir gaulliste a eu recours à de sinistres machinations qui, entre autres, ont permis le massacre, par une compagnie du 4ème Régiment Français de Tirailleurs Algériens, le 26 mars 1962, de 80 civils français qui manifestaient pacifiquement rue d'Isly à Alger.
        Que par ailleurs, des soldats français ont eu l'ordre de l'Etat français de tirer sur des femmes et des enfants dont le crime était d'apparaître sur leur balcon à Bab-el-Oued.
        De même que l'on a vu des avions français mitrailler les immeubles à Alger.
        Les pièces officielles des archives soigneusement interdites d'accès par la Droite comme par la Gauche, attestent que, dès 1960 l'Etat gaulliste entrait en collusion avec les assassins du FLN en vue d'un lynchage précipité des Français d'Algérie.
        Les moyens les plus diaboliques faisaient l'affaire de cette honteuse alliance, hors de toute légalité des fonctionnaires de police radiés ont été réactivés pour constituer des polices toutes spéciales qui assistaient la barbouzerie mise en place assistée en cela par les combattants de la 25ème heure du FLN. Ainsi étaient ouvertes les voies aux arrestations arbitraires, internements administratifs abusifs, enlèvements, tortures et assassinats en toute impunité de citoyens français en Algérie et ailleurs, voire même à l'Etranger.
        L'apanage de la lâcheté de ce pouvoir a été atteint avec le soi-disant Cessez Le Feu du 19 mars 1962, que la FNACA s'acharne maladivement à célébrer, et qui a ouvert la voie aux enlèvements et la disparition de 25 000 civils, le massacre le 5 juillet 1962 de 3 500 Oranais aux portes des casernements français devant des soldats tenant d'un gouvernement français complice de l'ordre de ne pas intervenir.
        Le sort de 357 soldats Français prisonniers du FLN a été lâchement ignoré et par les soi-disant négociateurs français du cessez le feu que la FNAC.
        Enfin, l'apothéose a été consommée par cet Etat gaulliste avec l'abandon aux assassins du FLN de 130 000 Harkis qui ont été livrés par le gouvernement français après qu'ils eussent été désarmés.
        Pour achever le tout, un rapatriement bâclé, indigne d'une Nation civilisée, a été escamoté tandis que ces forfaitures étaient, camouflées par des juridictions d'exception, qui aux ordres du pouvoir se jouaient de la Justice et cachaient ainsi la sinistre réalité aux Français.

         Mais que l'on se rassure, il s'agissait bien d'un assassinat collectif, auquel la Droite au pouvoir et la Gauche d'opposition ont prit leur part de curée.
        La Gauche a su adapter sa moralité à géométrie variable pour appuyer d'un silence assourdissant tous ces crimes commis contre les Français d'Algérie ; elle a été plus loquace pour soutenir la cause des Fellagas qui assassinaient tranquillement nos femmes et nos enfants.
        L'horrible sort qu'ont eu à subir, huit années durant, les Français d'Algérie et notamment les plus modestes d'entre eux et les Musulmans pro-français n'a de toute évidence pas préoccupé la Gauche
        Elle a tiré et tire encore gloire de l'assistance qu'elle a apporté aux poseurs de bombes qui assassinaient des civils innocents ; sans courir de risques, ses porteurs de valises, qu'elle érige en héros, ont transporté l'argent des travailleurs algériens de France pour permettre au FLN l'achat des armes qui tuaient les jeunes français sous les drapeaux ou les Français d'Algérie, qu'ils soient chrétiens, juifs ou musulmans, là au moins, était-elle fidèle à son idéologie égalitariste.
        Enfin la Gauche flamboyante n'a pas eu le geste que l'on pouvait attendre pour la réparation des préjudices subis en Algérie par les plus modestes rapatriés de ce pays.
        Elle a voté la célébration du 19 mars 1962 et, sans doute avide de gloire militaire, elle s'emploie, comme tout récemment le Maire de Paris, à multiplier l'affichage de cet acte sans gloire aux conditions d'exécution honteuses pour la France.
        Les années 1969 à 1962 resteront marquées par la complicité du pouvoir gaulliste avec les assassins du FLN en vue d'un abandon à n'importe quel prix des départements français d'Algérie.
        Pour justifier cette infamie, De Gaulle a présenté aux Français cette sinistre issue, aux conditions d'exécution les plus déplorables, comme inévitable et en conséquence l'abandon des Français d'Algérie comme naturelle.

         Dès lors il s'employa à conforter un FLN aux abois et à laminer, pas tous moyens, si indignes qu'ils fussent, les espérances des Français d'Algérie devenus des obstacles à sa grandeur maladive.
        Pour assurer leur sauvegarde, Il ne restait plus alors à ces citoyens français des départements d'Algérie qu'à affronter ces malheurs avec les seuls moyens dont ils disposaient la résistance à l'abandon et l'autodéfense. Jamais il ne s'est agi de résistance ou de contestation de la République mais bien de défense de nos familles abandonnées par Charles De Gaulle à l'ennemi. Dans ces conditions qui peut s'arroger le droit de nous condamner d'avoir lutté pour défendre notre vie ; certainement pas les auteurs ou les complices de ces forfaitures.
        Comment accepter que l'on puisse nous contester le droit à la réhabilitation par la République de tous ceux d'entre nous, de France ou d'Algérie, qui, au péril de leur vie et au-delà des infamies qui les menaçaient, ont eu à s'engager dans la seule voie qui nous restait ouverte ; comment ignorer le choix qui nous était offert, par notre pays, la France entre la valise et le cercueil. Voilà Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Messieurs du gouvernement, ce que les Français d'Algérie attendent de la France en 2004..
        

Fred ARTZ        

Lettre aux Députés et Sénateurs

                                                                                                Monsieur le Député,
                                                                                                Monsieur le Sénateur,

         Nous avons souhaité porter à votre connaissance la profonde déception des Français d'Algérie non Harkis qui ne perçoivent pas dans le Projet de Loi dont vous aurez prochainement à débattre, de réponses sérieuses à leurs attentes qui, depuis plus de quarante années, demeurent en souffrance.
        Nous avons noté avec intérêt que des élus, intervenant au Sénat et à l'Assemblée Nationale lors du débat du rapport concernant les Rapatriés d'Algérie et les Harkis, ont reconnu : " qu'il convenait de mettre fin à l'hypocrisie qui, depuis 40 ans, feint d'ignorer la responsabilité de l'Etat et la reconnaissance des préjudices subis " et que soit évoqué " le devoir de mettre fin à une situation qui n'a que trop duré " au besoin, " avec un courage que n'ont pas eu nos prédécesseurs ".

         Toutefois nous avons le regret de constater que si les mesures, au demeurant légitimes et encore insuffisantes, qui ont été mises en oeuvre au bénéfice des Harkis par le gouvernement RAFFARIN ont été, à plusieurs reprises, rappelées par les intervenants, c'est, à quelques très rares exceptions près, un silence assourdissant qui a répondu aux attentes essentielles des Français d'Algérie non Harkis Nous relevons avec amertume que le projet de loi a été transmis au Conseil d'Etat pour avis, puis rendu public, sans que nous n'en ayons eu la moindre information au cours de son élaboration ; pas plus d'ailleurs que " nos représentants " du Haut Conseil des Rapatriés, pourtant choisis par le gouvernement à sa convenance et sans souci de leur véritable représentativité.
        C'est pourquoi, sans réponse du gouvernement, nous vous demandons, et nos compatriotes vous seront reconnaissants, de bien vouloir proposer, lors du vote de la loi sur les Rapatriés, les points suivants qui nous apparaissent essentiels et qui sont repris dans l'annexe ci-jointe sous forme d'amendements.

Projet D'amendements

Présentation

         Après 132 ans d'une oeuvre civilisatrice en Algérie qui vit sa population s'accroître d'un million à dix millions d'habitants, l'indépendance a été accordée unilatéralement à l'Algérie le 5 juillet 1962 à la suite d'un processus de 4 ans.
        Le référendum du 8 avril 1962 qui avalisait l'indépendance a été organisé en France métropolitaine alors que les populations d'Algérie étaient écartées de la consultation.
        A compter des accords d'Evian un grand nombre de crimes, enlèvements et spoliations eurent lieu à l'encontre des populations tant européennes que musulmanes : les points culminants furent les massacres de 150 000 Harkis empêchés de gagner la France ou refoulés de celle-ci en application des instructions ministérielles de l'époque, les massacres de 3 500 européens à Oran le 5 juillet 1962 et les enlèvements de 25 000 personnes civiles ou militaires, à jamais disparues.
        Les accords d'Evian prévoyaient la protection des populations. Sur ordre du gouvernement, l'armée française pourtant présente, laissât se perpétrer ces crimes sans intervenir.
        A partir de 1961, les Français d'Algérie devant la politique suivie et annoncée (négociation avec le FLN, cessez-le-feu unilatéral, retrait des troupes combattantes) comprenaient que ce processus amenait inéluctablement à l'indépendance de l'Algérie avec un gouvernement FLN.
        Durant plus de sept années, ils avaient subi les multiples assassinats et les attentats journaliers de ce mouvement terroriste dont ils savaient ne rien devoir attendre.
        Dès lors et à défaut d'un soutien de l'Armée française aux ordres du gouvernement, seule l'organisation en auto-défense laissait quelques espoirs de survie. Même si cet engagement devait leur coûter la vie ou la prison, il était dès janvier 1962 la seule voie du salut.
        Les Français d'Algérie qui gagnèrent la métropole, eurent à le faire dans des conditions déplorables. Faut-il rappeler que le gouvernement attendait des " vacanciers ".
        Recevant une population de 1 200 000 citoyens français, déplacés par nécessité, il n'en prévoyait pas moins le " retour " de 90 000.

         Un début d'indemnisation fut attribué avec la loi du 15 juillet 1970, finalement l'indemnisation totale perçue atteint 37% de la valeur fiscale des biens de 1962, ces 37% comprenant les frais de fonctionnement de l'ANIFOM, c'est donc 27% de la valeur fiscale des biens qui furent perçus par les Rapatriés propriétaires.
        A partir de l'indépendance, la plupart des cimetières ont été saccagés.
        Les Français d'Algérie ont été victimes d'une politique d'Etat en laquelle ils n'ont aucune responsabilité. Comme pour tous les autres citoyens de ce pays, il convient de réparer les préjudices, moral et matériel, qui affectent les victimes. Mais il importe aussi de restaurer leur véritable histoire.
        Les amendements qui suivent ont, pour objectif, de mettre un terme équitable à ce drame.

Les amendements

1er amendement : la responsabilité de l'Etat français est reconnue pour non-assistance aux populations dont il avait la charge, pour les crimes, exactions, enlèvements, fusillades dont elles ont été victimes, à partir de la signature des accords du 19 mars 1962 ; cette inaction ouvre droit à réparation.

2ème amendement : au regard de la capacité de cotiser à un régime de retraite ( art 6 du projet) comblement de l'inégalité qui pénalise la catégorie de français qui ont dû s'exiler pour des motifs politiques en relation directes avec les événements d'Algérie et qui exerçaient leur activité professionnelle dans le secteur privé quel que soit le lieu d'activité.

3ème amendement : il est reconnu que les défenseurs du maintien de l'Algérie au sein de la République Française, ont accompli leurs actes par patriotisme et solidarité dans la détresse.

4ème amendement : Un comité d'historiens émérites est créé afin d'écrire la Vérité Historique sur l'œuvre de la France en Algérie. A cette fin, il convient que toutes les archives soient ouvertes, en particulier en ce qui concerne le déroulement des évènements depuis 1945 jusqu'à l'indépendance de l'Algérie.

5ème amendement : une indemnisation complémentaire est accordée aux Rapatriés ou à leurs héritiers, à partir de la valeur effective de leurs biens, réactualisée.
Il est dressé un inventaire des biens immobiliers des organismes sociaux et mutualistes des cotisants français d'Algérie, situés sur le territoire national, laissés en jouissance à l'Etat algérien, afin que les ayant droits en reprennent possession.

6ème amendement : un accord avec les autorités algériennes doit protéger les sépultures et les cimetières en état et regrouper en ossuaires les restes des sépultures profanées.
La construction et l'entretien de ces lieux est à la charge de l'Etat français.

NB : les amendements ci-dessus ont été complétés après la communication du projet de loi en cause.

CLIQUEZ ==> ICI
pour consulter le projet de loi.

A L G E R I A     N O S T R A
Claude-Maurice ROBERT (1930)
(Grand Prix littéraire de l'Algérie)
Envoyé par Mme Nicole Marquet

Elle est à nous par le droit de conquête et d'amour,
Elle est à nous, depuis le mémorable jour
Où les lys de nos rois ont flotté sur ses tours.

Elle est à nous par la justice et la bonté,
Par le marais tari et par le puits foré,
Par l'Ecole, et l'Hospice et la Sécurité.

Elle est à nous, par tout ce que nous y pâtîmes,
Elle est à nous, par tout ce que nous y bâtîmes.
L'Algérie est à nous, car c'est nous qui la fîmes.

Elle est à nous, par l'or répandu à mains pleines,
Pour la rendre toujours plus belle et plus humaine,
Par tous nos morts couchés dans ses monts et ses plaines.

Elle est à nos, par nos Cités et nos Hameaux,
Par la route et le rail, ordonnant le chaos,
Par nos avions dans l'air, et nos vaisseaux dans l'eau.

Elle est à nous, par l'arbre au talus du chemin,
Par la Digue et le Pont enjambant le Ravin,
Par la steppe d'hier, transformée en jardin.

L'Algérie est à nous, par la géographie :
Nous avons effacé son nom de Barbarie,
Des Atlas de jadis, et des Chancelleries.

L'Algérie est à nous par la foi des colons :
Des landes de sédrats, de doums, de chardons,
Ils ont fait ces vergers, ces vignes, ces moissons.

Elle est à nous par tout ce que l'on fit éclore,
Dans les cerveaux, bien plus que dans le tuf encore.
C'était le crépuscule, aujourd'hui, c'est l'aurore.

Par le pacte scellé dans le sang de trois guerres,
Par son peuple aujourd'hui plus heureux que naguère,
Elle est à nous, ainsi qu'une fille à sa mère.

Par cent ans de bienfaits qui l'ont régénérée,
Par les séductions dont nous l'avons parée,
L'Algérie est à nous, car nous l'avons créée.

Leur coeur à l'unisson, pour une oeuvre commune,
Dans la prospérité comme dans l'infortune,
L'Algérie et la France, aujourd'hui ne sont qu'une.

L'Algérie est à nous, sans détour ni retour,
Comme Reims et Paris, comme Nice et Strasbourg.
L'Algérie est française, et le sera toujours.


LES CHRONIQUES BONOISES
Par René VENTO
Numéro 16

RUE NEUVE SAINT- AUGUSTIN

     Tous les dimanches, jours fériés et périodes de fêtes, mes parents, amis intimes de la famille Piccione, venaient en renfort pour les aider dans leur commerce, une pâtisserie située rue Neuve Saint-Augustin. Ma mère enfilait un tablier blanc de vendeuse tandis que mon père, bon bricoleur, assurait les petites réparations et l'entretien des locaux. En plus de la musique, mon père avait une seconde passion, la peinture (en bâtiment). Quand il entamait un pot de peinture, il lui fallait absolument l'utiliser totalement pour ne pas faire de gaspillage. Aussi, pour liquider son reste de peinture, passait-il une couche sur tout ce qui était à sa portée.

     Ce soir de décembre 1950, mon père venait d'achever une retouche sur la devanture de la pâtisserie. Comme je jouais dans les parages, il m'appela, tenant un pot de peinture dans une main et un pinceau dans l'autre. Il arrêta la circulation des rares véhicules qui parcouraient la rue Neuve Saint-Augustin et traça une bande rouge sur toute la largeur de la rue, y compris sur les trottoirs. Puis, s'adressant à moi sur un ton solennel, il déclara en pointant son index vers sa ligne de démarcation, côté Place d'Armes :
        - Tu vois cette ligne René, si tu passes de l'autre côté, je te fous une tannée avec la ceinture des pompiers ! Mon père possédait deux ceintures et, selon la gravité de mes bêtises, il me menaçait de l'une d'elles : la plus étroite pour les peccadilles et la plus large, le ceinturon de sa tenue d'adjudant des pompiers, pour les plus graves. Bien que n'ayant que dix ans, et donc encore ignare des lois de la physique, j'avais compris que la pression de la ceinture sur ma peau était inversement proportionnelle à la surface frappée. Autrement dit, c'était la ceinture des pompiers qui, contrairement à ce que croyait mon père, était la plus inoffensive donc la moins dissuasive.

     Dans la nuit du premier janvier 1950, pendant que mon père fêtait le nouvel an dans la salle-à -manger située à l'arrière de la pâtisserie, je m'échappai de la surveillance parentale pour franchir la ligne rouge tracée par mon père et me lancer à l'aventure dans la zone interdite. La menace d'un coup de ceinture des pompiers avait excité ma curiosité de connaître enfin les raisons qui avaient conduit mon père à établir une frontière dans cette rue si paisible. Je me dirigeai alors vers la Place d'Armes en courant puis, d'un pas hésitant, dans les ruelles de la vieille ville jusqu'à ce qu'une lueur rouge attire mon attention. A l'instar du Petit Poucet perdu dans la forêt, je fus sécurisé par cette lumière qui devait signaler un lieu habité. Arrivé devant la porte d'entrée, je déchiffrai une inscription à peine lisible : " Le Chat Noir ". Comme prés de la pâtisserie Piccione, il y avait un bar qui s'appelait Le Chat Huant, j'en déduisis qu'il devait s'agir d'un bar dont le patron possédait un chat noir.
La porte s'entrouvrit et un monsieur en sortit en longeant discrètement le mur. Je me mis en travers de sa route et je lui demandai naïvement :
- M'sieur, vous l'avez vu le chat noir ?
- Ici p'tit, il n'y a que des chattes, me lança-t-il en riant tout en continuant son chemin.
Deux autres messieurs sortirent à leur tour, discutant à haute voix.
- A moi elle m'a fait …ceci, diocane que c'était bon ! déclara l'un des hommes.
- A moi elle m'a fait…cela, je me suis régalé l'âme de ses morts ! avoua l'autre homme.
Ne comprenant pas le langage technique utilisé par ces messieurs, j'imaginai que dans ce bar on servait de délicieuses consommations, meilleures que le cornet ski de chez Longo ou le créponnet de chez Siché sur le cours Bertagna. Ma gourmandise m'octroya l'audace d'interpeller les deux messieurs pour leur demander :
- M'sieur, elle peut me faire comme à vous ?
Scandalisés par ce qu'ils prirent pour une puberté précoce, ils me hurlèrent :
- Oh p'tit, allez va chez ta mère !
Puis ils me ramenèrent manu militari sur la Place d'Armes où ils me déposèrent, en plein milieu, sur la fontaine construite en 1936 pour remplacer celle inaugurée par le Duc d'Aumale et transférée place Alexis Lambert. Dés que les deux hommes furent suffisamment éloignés mais toujours à la portée de ma voix, je leur criai du haut de mon piédestal :
- Allez vous faire E…… !
Les deux messieurs se retournèrent en riant, amusés par ce jeune garçon qui leur suggérait une reconversion de leurs pratiques sexuelles.
     Extrait de " papa, maman, Bône, et moi " ; auteur, René Vento ; éditeur, Mémoire de Notre Temps.

Photo M. René Vento
Photo M. René Vento
Ci-dessus : la place d'Armes



Ci-contre : La rue Neuve St-Augustin



Mr. MUNCK, lisez votre journal
N° 6 de Juin 1950
de M. D. GIOVACCHINI
Envoyé par Georges Bailly


        Faites le tour de France, d'Algérie, vous ne trouverez pas un journal aussi mal fait que " La Dépêche de l'Est ".
        Je ne parle pas de la partie " rédaction ". Tout cela est inexistant. A part la besogne ingrate et difficile de CARLAVAN - mal récompensé du reste - on se demande comment un " monstre " pareil, peut être enfanté par les rotatives de la Rue Purseigle !

        Employés, typos et linos sont eux - mêmes stupéfaits devant leur propre ouvrage
        Impression défectueuse, des coquilles en nombre tel que les plages de BONE en sont furieuses de jalousie. Aucune distinction entre le fait divers et la nouvelle importante. Toutes les copies placées au petit bonheur, sans goût, sans attrait, sans amour-propre professionnel.
        Que fait donc ABDALLAH qui est cependant un ouvrier de talent ?

        Mais à quoi pense JOYEUX, qui est un garçon intelligent ?
        Et pour boucher les trous, on place une photo n'importe où et toujours à une place qui n'est pas la sienne.

        Quel est donc le metteur en pages ? Mais qui donc dirige la présentation de ce canard sans plumes et surtout sans ailes ?
        MUNCK n'a pas le temps de lire. Il vit dans les étoiles.
        MAUREL qui touche à, tout, n'y connaît rien.
        PINAUD, est un charmant petit garçon, un authentique agneau pascal. Quand on lui commande un " papier " sur BORRA ou PALOMBA, il va d'abord demander pardon à Dieu, parce qu'il ne voudrait point faire le moindre " bobo " à quiconque. Il tient mieux dans sa main, par scrupule de conscience, un livre de messe qu'un stylo...

        Il n'y a que l'auto du journal qui marche à bonne allure : c'est que le brave LAVAGNE est expert en mécanique.
        Allons, M. LE PRESIDENT MUNCK, ne laissez pas LÉOPOLD MOREL se moquer du grand organe de l'Est !

        Daignez, M. le Président, passer Rue Purseigle. Commencez par révoquer MAUREL. Augmentez de nouveau ses appointements, s'il le faut mais laissez-le à la Charcuterie d'Hippone. Il s'y connaît en pâtés.
        Dites à PINAUD qui vit, de miel, que le piment, les acides, et parfois le vitriol sont les meilleurs aliments du journaliste professionnel. L'éternelle et permanente " pommade " est chose indigeste.
        Appelez vos vedettes à la rédaction. Exigez de René MAYER, de TUCCI, de PANTALONI, de FADDA, d'ALOI et de PANCRAZI un " leader " par semaine ! Vous n'avez que l'embarras du choix ! Si cela ne suffit pas, complétez l'équipe avec PRUNEAU et BORRA...
        Au besoin appelez QUINTARD et RICOUX au secours.
        Je veillerai, avec Gabriel PALOMBA qui est du métier, à la mise en page...

        Président MUNCK, n'infligez plus de supplices aux lecteurs de votre journal de déformation. Vous qui avez tant de goût pour le Beau, ne laissez plus colporter autour de vous que là " DEPECHE DE L'EST " est le journal le plus mal fait de la Planète.

L'AFFAIRE NUNCIE

        Nous n'épiloguerons nullement sur les responsabilités de l'Ancienne ou de la Nouvelle Municipalité.
        A une heure plus opportune et agréablement électorale, nous assisterons à des controverses bien passionnées.
        Pour l'instant, rappelons nos souvenirs et ne retenons que l'essentiel de cette malheureuse affaire.
        La Société NUNCIE a gagné son procès. Et la Commune, c'est à dire le pauvre contribuable, paiera.
        Le premier service publie d'autobus bônois fut inauguré le 1er Avril 1928 en présence de Gaston THOMSON, un homme grand par la taille, mais aussi par le rôle souvent prépondérant qu'il joua dans ce Département et à la Chambre des Députés.,
        Discours et hommages ne firent pas défaut à l'égard du regretté François NUNCIE, dont le souvenir ému revient vivace dans notre esprit.
        Alors que les capitalistes locaux n'osaient pas tenter l'aventure, " l'Américain " - on l'appelait ainsi - mettait dans cette oeuvre toute sa richesse d'initiative, toutes ses économies, tout son espoir.
        Ce fut en fait un créateur - Et aussitôt, et pour une grande part, villas et maisons s'édifièrent dans les faubourgs les plus éloignés, des cités surgissaient et BONE s'embellissait...
        Mais NUNCIE n'avait pas compté sur les évènements, la guerre, et... l'ingratitude humaine...
        Sa santé fut vite ébranlée. C'était un grand sensible. Il aurait fallu qu'il vive au moins pour constater que l'on s'était bien trompé à son égard.
        Souhaitons que ses enfants puissent continuer son oeuvre avec toute la compétence voulue.
        Souhaitons qu'ils nous assurent un service aussi régulier que celui dé l'Algérienne, que ses voitures soient dignes d'une grande ville et que son personnel soit aussi zélé et aussi consciencieux que celui de M. VITTE.
        Il n'y a aucune raison d'en douter, car les NUNCIE sont avant tout des travailleurs.


Ça qu'on vous a pas dit … !
Christian AGIUS      N° 15
le Maltais de la route de Bugeaud,
y ramasse dans les poubelles…
ma, tombe de ses morts, c'est la franche vérité !!!

Tout le monde y sait que Jacques Attali, l'homme le plus entelligent de France auto-proclamé, c'est un champion dedans les pronostics politiques.
Il avait écrit à l'avance une chronique qu'elle donnait Aznar gagnant aux élections espagnoles, parue dans l'Express du 15 mars… Manque de cul, la réalité c'est que c'est le Zapatero qu'il a gagné ! Pas de problème : le site du journal il a corrigé, ma……la version papier elle est bien partie dans tous les kiosques !


Avec qui il est copain, Raffarin et Danube ?
Y vient d'accorder en douce une avance de 1,2 millions de zorros à…………..l'Humanité, pour pas qu'elle aille atchez Taddo, comme son bilan l'y obligerait……


Les Anglais y vont toujours nous étonner !
Le British Museum y va présenter un corps humain, vrai, en état de…………………..décomposition avancée dedans une cloche en verre ! Diocane, même Ellul y avait pas pensé !


Les Arabes qui travaillent dessur les chantiers en Israël y sont obligés de porter un casque : jusque-là c'est normal.
Ma……………………… ac un grand X rouge… !
Comme ça, les tireurs des litres de Tsahal y pourront mieux se les aligner en cas d'attentats…


Un tanoute de Montpellier y vient de se ramasser 3 mois de prison ac sursis parce………..qu'il avait voulu écraser un passant qui se ressemblait kif-kif à Ben Laden…
Son avocat, il avait plaidé comme ça : " …hélas, c'était pas Ben Laden, aussinon mon client y…….s'empochait 5 millions de dollars !!!


L'éducation nationale britannique elle a décidé d'enseigner l'athéisme dans le cadre de……………….l'enstruction religieuse !!!
Tu m'espliques comment y vont faire pour dire que le néant……n'existe pas !!!


Y z'en font, un madone de cinéma, nos dirigeants politiques ! C'est vraiment des chefs, pleins de décisions !!!
Ma………….85% des lois françaises en matière économique elles sont des…………..directives européennes des gatarelles de Bruxelles !!!


La dette publique de la France par rapport à le PIB elle s'arrange, enfin !
55 % en 1995……………………..63 % en 2003 !


Sans rire, la loi du 26 brumaire an IX elle a jamais été abrogée. Elle annonce : " …que toute femme désirant s'habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de Police pour en obtenir l'autorisation et que celle-ci ne peut être donnée qu'au vu d'un certificat d'un officier de santé ".
Ca va plus être possible de reluquer un beau tafanar moulé en dedans un jean que ses coutures elles se craquent à toutes les ondulations…


En 1981, la dette extérieure de la France = 28 millions de zorros.
En 2004 : 1000 milliards de zorros !!!!!!!!!!!!!!!!!
Si Zammith il avait dirigé son épicerie de la rue Saindi Carnot comme ça, même les pourpres du môle Cigogne y lui auraient bouffé les cacahuètes !!


Tu connais pas Dominique Galouzeau ?
Eh bien c'est Dominique de Villepin…
A peine arrivé à son nouveau ministère qui se sentait encore l'odeur à Sarcloseille, il a filé à la grande mosquée de Paris pour assurer les membres du Conseil Français du Culte Musulman de son zèle infatigable pour lutter contre tous les amalgames entre Islam, Intégrisme et Terrorisme…
Pas de visite à Notre-Dame de Paris : de toutes façons, le cardinal Aaron Lustiger, il en a rien à carrer…


Dis-moi qu'elle est la championne des entreprises française pour………………….les pertes ? Hein !
Pas difficile : la Sécurité Sociale.
23.000 zorros
par……………………….minute !!!!!!!!!!!


Enfin !
Le porte-avions Charles De Gaulle y vient de recevoir 4 nouvelles hélices !
Ouf, on avait eu peur…
Ma………………………………………2 ont été retournées pour vices de forme !!!!


Y a un concours qu'il est ouvert pour les entreprises françaises : celui du nombre de jours de grève…
Gagnant 2003 : ………………….la SNCF !
40% du total des jours de grève en 2003 !!!!!!!



LE PLUSSE DES KAOULADES BÔNOISES (18)
La "Ribrique" de Rachid HABBACHI
MOI ET MON EDITEUR QUE
MEME PAS Y S'APPELLE AUGU….

(Sur une idée de Monsieur J.P Bartolini)

         Chais pas si que j't'ai déjà dis que moi, j'écris, je suis pas j'Expire le crivain anglais mais j'te jure qu'y m'arrive de faire espirer ceux-là là qu'y me lisent, mais entention, c'est seulement d'ennui que moi j'les tue, personne il est encore parti chez Tadeau à cause de moi. Tout ça pour vous dire que je m'ai envoyé deux liv' à chez un éditeur, mais pas le même pour les deux. Le premier, un liv' qu'il est déjà sorti grâce à dieu que ceux-là là qu'y s'l'ont lu et qu'y z'en sont pas morts, y savent que c'est " les bônoises d'après… ", son tit', rien que des fabes dessur Bône la coquette, ouai mon frère ! Çui-là là, le liv' toujours, la correctrice eh ben ! tu vas pas coire, elle m'a trouvé des fôtes partout malgré que j'y ai fait dessur la première page, un avertissement qu'y veut tout dire à çui-là là qu'y comprend ; aga moi un peu ça que j'y ai écris : " Si que tu cherches des fôtes d'orthografle comme tu me cherches des poux dedans la tête, rien que t'y arrêtes tout de suite pasque y en a pas. " Purée de nous z'aut', ça veut dire ça que ça veut dire non ?
         Eh ben ! tu ois, la maquerelle elle m'a écrit et areusement pour une fois j'ai compris ça qu'elle voulait dire et elle disait justement qu'y avait un peu trop des fôtes, qu'y fallait que je corrige mon liv' tout entier et que si j'étais pas capabe, y fallait que je trouve quelqu'un pour qu'y le fait à ma place… Diocane, tout rouge j'ai venu, comme si que j'avais la jaunisse, la honte elle m'est venue à la fugure, me faire ça à moi que j'me suis fréquenté toutes les écoles de Bône, une par une, un mois chacune jusqu'à le lycée et sans jamais rentrer en dedans.
         J'ai pris ma plus belle plume, celle-là là du dimanche comme y dit l'aut', j'l'ai trempée dedans de l'enque, de la violette, qu'elle sent pas bon comme l'odeur qu'on s'la met dessur nous le dimanche et j'y ai répondu poliment en lui jurant en dedans ses morts affogués mais entention, rien qu'en patos comme ça elle me comprend bien-bien : " Chère madame, vous avez bien voulu me demander de corriger certaines fautes et même des fautes certaines mais j'aimerais attirer votre attention sur le fait que mon recueil n'a pas la prétention de vouloir figurer un jour au catalogue des œuvres de La Pléïade et encore moins de concurrencer Albert CAMUS…encore que lui, il aurait compris….Je vous demande en conséquence de ne rien changer à mes fôtes sous peine de les commuer en fautes ce qui, remettrait en question tout mon travail." ( dès ! tu vas pas coire, rien qu'à l'effort, j'ai perdu cinq kilos).
         Purée de mes osses ! t'y as déjà vu comment y te fait un chien quan c'est que tu le tapes avec un os ? Y s'le ronge et y dit rien eh ben ! comme ça elle a fait la tchoutcharelle, elle a plus rien dit et le liv' il est sorti.
         Pour le deuxième qu'il est encore au stade……(Non, y joue pas au fote-balle)…de la correction, c'est pareil, j'ai reçu ça qu'y z'appellent des épreuves et j'ai, à de bon compris pourquoi y z'appellent ça comme ça, diocamadone, c'est plus dur que le Bac ; y m'ont donné à corriger ça qu'il est pas corrigeabe par exempe : justement, à exempe et à ensembe à côté, y veulent mette des " L " et après laisse moi m'étonner tout seul que les mots y s'envolent, y prennent de l'attitude, trop loin de ma comprenance qu'elle est déjà pas compréhensibe elle-même.

Rachid HABBACHI

Aïn-El-Turck
Le chant officiel
des AÏN-EL-TURCKOISES et AÏN-EL-TURCKOIS
Envoyé par M. Robert Costa

Hymne que nous chanterons à chaque réunion ;
il faut l'apprendre par cœur .
( sur l'air de " c'est nous les Africains …")
Aïn-El-Turck

Bonjour les villageois !
Tous Aïn-El-Turckois !
Nous voici réunis
Pour parler du pays .
Pour un peu mieux guérir
Grâce à nos souvenirs ,
Restés au fond du cœur ,
Pour notre plus grand bonheur ,
Depuis longtemps, très, très, très longtemps ,
Sans jamais rien renier pour autant ,
Chantons , chantons notre paradis perdu , Aïn-El-Turck ,
Sans oublier tous nos chers disparus .
Aïn-El-Turck ! Aïn-El-Turck !
Aïn-El-Turck ! Aïn-El-Turck !
Et Aïn-El-Turckois !

Moune

AMICALE AÏN-EL-TURCKOISE
6 , impasse du Rotagnier
69 680 CHASSIEU
Tél : 04 78 49 72 72
robert.costa@worldonline.fr


Aïn-El-Turck


LA RUE SADI CARNOT( N° 8)
de Gabriel Belmonte

     "La Rue Sadi Carnot" est un livre écrit sur son lit d'hopital par M. Gabriel Belmonte, pour ses amis Pieds-Noirs.
     Cette histoire de la "Rue Sadi Carnot" nous est offerte par Mme Eliane Belmonte née Donadieu. Nous la suivrons par épisodes sur "la Seybouse".
     Je mentionne que cette publication est sans but lucratif, qu'elle peut être reprise par les associations ou sites Pieds-Noirs à la condition impérative que les publications se fassent de façon absolument gratuite, sans même 1 euro symbolique, tel que le souhaitait M. Gabriel Belmonte.

La maison Zuoro

        L'épicerie du père de Brahim se trouvait au rez-de-chaussée de cette maison qui avait deux entrées : un couloir avec porte et, plus loin, une autre entrée dans une grande cour. Là, habitait la famille Mazza dont le père, Stanislas (Staniss pour les habitants de Lacalle, ville où il était né) était chauffeur sur un chalutier et c'est bien grâce à lui qu'une ou deux fois par semaine, nous mangions du poisson frais. Comme toute personne travaillant sur un chalutier, il avait droit à un part de poisson qui atteignait parfois trois quatre kilos. Les enfants Mazza, Joseph et Germaine allaient chez les voisins proposer une partie de ce poisson qu'on ne payait qu'en nature car monsieur Mazza ne voulait pas d'argent. En général un litre de vin ou deux paquets de cigarettes faisaient l'affaire et tout le monde était content. Nous avons mangé souvent du poisson très frais grâce à la famille Mazza.

        Au-dessus de l'appartement de cette famille, au premier étage, vivait la famille Muscat. Qui n'a pas connu le père Muscat qui avait une jambe de bois, un pilon exactement (probablement de la Guerre 14?18) et qui était gardien-surveillant du Square de la Colonne ? Colonne Randon sous-entendu. Je le revois partir tous les matins de son pas rythmé, vers ce square dans lequel existait une curiosité dont pas beaucoup d'entre vous, je suis sûr, connaissaient l'existence. Il s'agit de cette météorite tombée du ciel, une étoile filante, si vous préférez, qui ne s'était pas consumée complètement et qui est toujours noire par suite de sa friction dans l'atmosphère. En quelle année était-elle tombée ? combien pesait-elle ? Autant de questions auxquelles je ne puis répondre mais, en ne considérant que la partie visible de cette vieille pierre venue d'ailleurs, on peut supposer qu'avec sa partie cachée, elle devait bien approcher la tonne. Si vous passez par Bône et que les Algériens ne l'ont pas déplacée, allez la voir ! Elle se trouve dans la partie du square proche du palais Loucheur, près de l'angle où se trouvait tous les ans, à la saison, le marchand de jujubes et de pommettes ...

L'épicerie Allmann

        C'était inscrit sur la devanture du magasin, peint par "P'tit Lili" Buono :

ROSETTE ALLMANN

        Nous étions clients, bien sur, chez cette épicière qui avait un grand sens du commerce. C'était un peu le "salon où l'on cause" cette épicerie. Combien d'histoires amusantes ai-je entendues dans ce lieu mais la meilleure, vraie une fois de plus, je vais vous la dire.

        Comme j'étais petit, on ne me remarquait pas et de ce fait, des histoires que je n'aurais pas dû entendre, et bien je les ai entendues ici. Voici donc : j'étais avec ma mère chez madame Allmann, lorsque entre Augu Mangion. Je ne vais pas vous le décrire, je vous vexerais, c'est sûr ; je préfère lui laisser la parole :

        - Rosette, je peux pas te dire comme je suis heureux aujourd'hui, devine ! Mon ami arrive de Marseille ce matin sur le Gouverneur Général Chanzy, aussi je vais lui préparer une macaronade, j'te dis qu'ça ! As-tu au moins des tagliarini ? Tu sais que mon amant n'aime que ces pâtes et je voudrais tant lui faire plaisir ! Mon Dieu que je suis heureux!

        Et madame Allmann, toujours dans ce fameux papier gris d'épicerie, lui servit un kilo de tagliarini. Moi, je me faisais tout petit dans mon coin car j'avais honte d'avoir entendu ces paroles; pensez donc : un homme qui parlait de son amant !

La Commune Mixte de l'Edough

        Comme j'ai déjà parlé du numéro 52 de la rue Sadi Carnot qui jouxtait l'épicerie Allmann, je n'y reviendrai pas. La rue Général Yusuf séparait ce numéro, 52 de la Commune Mixte de l'Edough, bureaux dans lesquels se traitaient certaines affaires indigènes.

        A une époque de l'année, beaucoup d'Arabes qui, à cette occasion avaient revêtu leur plus belle gandourah ou leur burnous blanc, la tête coiffée de cheichs immaculés étaient sur le trottoir et dans les bureaux de cet édifice public pour obtenir, je pense, les autorisations de cultiver un certain nombre de plants de tabac ou pour toutes autres raisons que j'ignore, mais c'était assez inhabituel, je dois dire, de voir tant d'indigènes endimanchés déambuler ce jour-là. C'était chaque fois une ambiance particulière.

        Au premier étage de cet édifice habitait l'administrateur de la Commune Mixte avec sa famille. Il y avait ensuite le jardin de cet administrateur avec sa barrière de bougainvillers puis on arrivait au "chemin de ceinture" baptisé plus tard boulevard Jean Mermoz. Cette barrière de bougainvillers faisait un angle droit avec le Chemin de Ceinture et à cet angle, sur le trottoir, s'est toujours trouvé un marchand de cacahuètes, graines de courge salées, bliblis (1) et autres spécialités du genre. Son petit étal était supporté par deux roues de bicyclette. Si je raconte ces petits détails, c'est pour que vous reviviez avec moi, tous ces souvenirs qui nous sont chers.

        (1) Pois-chiches bouillis puis salés et cuits au four.

Le café maure d'en face

        Un café maure ressemble bien sur beaucoup à un autre café maure ; mais en ce qui concerne celui-ci, quelque chose m'a frappé, oh pas grand chose à vrai dire.

        Voilà : un jour le propriétaire de cet établissement fit l'acquisition d'un superbe et énorme gramophone, c'était le nom donné à ces gros phonographes qui utilisaient des disques 78 tours et sur la tête de lecture desquels (on appelait ces têtes, le diaphragme) il fallait changer l'aiguille après chaque disque joué.

        Un matin, on entend dans tout le quartier des "Quatre Chemins" et jusque chez nous à près de cent mètres de là des chansons et de la musique arabe qui, comme chacun le sait, est belle quand elle est bien jouée ; mais la puissance de son appareil était telle que tout le quartier fut en émoi. Cependant que faire ? Huit jours après, on s'était habitué, mais nous connaissions presque par cœur : "LA RHOULILA ! LA RHOULILA ! LA RHOULILA LA KOUA I LABILA !' Le plus dur c'était quand le ramadan tombait en été et qu'on laissait la nuit les fenêtres ouvertes à cause de la chaleur. on ne s'endormait pas avant minuit ou une heure du matin. Heureusement que le ramadan ne dure qu'un mois pensions-nous.

Gamba le cordonnier et Fiténi le menuisier

        Au coin opposé au café maure, il y avait le cordonnier Gamba, un homme toujours souriant et qui adorait raconter ses histoires de pêche en bateau avec Marcel Degregorio entre autres. Mais son histoire de duel (authentique) sur une colline de Marseille, pas beaucoup de gens la connaissent, je ne puis la raconter par écrit car elle est un peu raide et comme les écrits restent ... Je vous la raconterai peut-être lorsque, nous nous retrouverons lors d'un rassemblement. Elle est unique en son genre.

        Quant au menuisier Fiténi Antoine dit "Bec & Ombrelle", c'était un gymnaste accompli qui, son travail terminé, avait le courage d'aller entraîner de jeunes sportifs à la "Salle" qu'on disait et qui était en réalité l'ancien dock Farci aménagé en gymnase, dans la rue Galdès si vous vous souvenez.

Chez Georgette

        Ce n'était pas le nom exact de ce bar mais, comme il était tenu par cette dame qu'on ne connaissait que sous le nom de Georgette, je titre ainsi ce chapitre.

        Sur le trottoir, devant l'entrée de ce bar, un personnage très connu de Bône, je veux dire Redzin, faisait griller ses merguez, ses brochettes, le foie qu'il coupait en tranches très fines en se penchant au maximum sur la planche à hacher, ses grosses lunettes de myope sur le nez ; et les garges (1) que certains clients appréciaient.

        Toutes ces bonnes odeurs mettaient l'eau à la bouche des clients qui se tapaient ensuite quelques anisettes au comptoir de Georgette.
        Vous avez tous connu Redzin chez Buttigieg à la grenouillère, mais je puis vous assurer que pendant les années 40, 41, 42 et quelques, il avait ses fourneaux devant le bar de Georgette.
        Qui d'ailleurs, d'entre vous, a connu le vrai prénom de Redzin ? car ce pseudonyme n'était qu'un sobriquet. Son nom patronymique, je l'ai oublié mais son prénom est tout un poème. Son père devait être vraiment original comme il en a toujours existé, mais lisez plutôt : "Redzere et fiori a vendere" qui veut dire en italien : Redzere et fleurs à vendre. A quelque chose près, c'est cela et si l'un d'entre vous a l'occasion de voir l'un de ses fils (car je ne sais pas si le pauvre Redzin est toujours vivant à Marseille) il pourra le lui demander.

        (1) 0n appelait garges, la trachée-artère et les bronches des fressures d'agneau.

Au Bon Accueil

        C'est à madame Del Médico que l'on avait affaire lorsqu'on allait acheter quelque chose dans cette épicerie, car son mari lui, travaillait chez Laussat, dans ce grand magasin situé en face de la mairie et qui avait pour enseigne : " AU REVEIL DU LION ", quel nom !

        Ce couple de braves gens, eux aussi comme les Gaspari ont perdu un enfant de vingt ans pendant la guerre, en Italie ; c'était René mon copain de classe, chez madame Salini.

        Ils ne s'en sont jamais remis et tous les jours ils allaient au cimetière prier sur la tombe de leur fils.

        

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A SUIVRE


COMMUNIQUE
De M. Fred ARTZ
Gérant Bénévole
DU JOURNAL PIEDS-NOIRS MAGAZINE
Le Journal Pieds-Noirs d'Hier et d'Aujourd'hui N° 119 est sorti.
Ce périodique, est le seul journal entièrement consacré aux Rapatriés.
PIEDS-NOIRS, si vous voulez voir aboutir nos préoccupations qui perdurent depuis plus de 40 ans, il faut nous prendre en mains.
Et la seule façon de le faire, c'est d'avoir nos propres médias.
Soutenez-nous en achetant ce journal Pieds-Noirs. Merci d'avance.

Fred ARTZ.

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LES   NOUVELLES   D'ANTAN
LA SEYBOUSE
JOURNAL DE BÔNE
Samedi 13 Juillet 1861 - N° 828
Envoyé par Pierre LATKOWSKI

EXTRAITS du Journal
Par Dagand

CHRONIQUE LOCALE.

        - Quand on ouvre la porte aux réclamations, il en arrive de tous côtés. - Ce qui prouve que personne n'est parfait.
        Samedi dernier, à la demande de divers colons, nous reprochions à l'administration militaire de se montrer trop rigoureuse dans la réception des fourrages. Aujourd'hui, nouvelle réclamation. Celui qui s'adresse à nous s'étonne que toutes les pesées de fourrage faites à la bascule administrative ne produisent que des chiffres ronds, sans que jamais il soit question de fractions.
        C'est facile à expliquer : c'est que l'administration, toujours généreuse, complète les chiffres fractionnaires dans l'intérêt des livranciers. - Ainsi tel apporte une voiture de fourrage qui pèse 19 quintaux 50 kilogrammes, on lui porte 20 quintaux. - C'est clair comme le jour. - Mais il y a des esprits malfaits qui ne voient jamais les choses par le bon côté.

        - La guerre continue entre nos confrères de Constantine et de Philippeville.
        L'Africain a-t-il ou n'a-t-il pas illuminé lors du passage du prince Napoléon ?
        Voilà la question - elle est grave.
        Nous en faisons l'objet de nos méditations.
        Le plus modéré et le plus amusant des champions en lice, c'est le Cauchemar. Nous le recommandons à nos lecteurs.

        - Les opérations de la caisse d'épargne seront présidées demain dimanche, 14 du courant, par M. Pisani, administrateur de service.
        Pour la chronique locale : DAGAND.

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Consulat d'Italie à Bône..

        La municipalité, de Turin, sure d'ailleurs que sa douleur a fait écho dans l'Europe entière, a résolu, en témoignage de l'estime générale, d'élever dans sa propre ville un monument à la mémoire de l'illustre homme d'état, comte de Cavour, qui a tant fait pour l'Italie, sa patrie, et qui s'est acquis des droits immenses à la reconnaissance européenne.
        Elle a donc ouvert des listes de souscriptions, afin de recueillir les offrandes des Italiens et de ceux des étrangers qui voudraient prendre part à cet acte.
        En conséquence de ce qui précède et sur l'autorisation de M. le ministre des affaires étrangères à Turin, le consul de S. M. le roi d'Italie, à Bône, a ouvert de nouvelles listes, et il s'empresse d'informer le public qu'elles ont été déposées chez MM. Dagand, Bosson, Balzamo, Ciampolini et Santoni.
        Les noms des souscripteurs seront publiés dans les divers journaux du royaume d'Italie destinés à cet effet.

Le consul d'Italie,
Cher Paul BENSAMONI.

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        Les produits les plus chers en parfumerie sont rarement les meilleurs et ont l'inconvénient de ne pouvoir être employés que par le petit nombre des personnes opulentes. M. Chalmin a eu le bon esprit de mettre à un excessif bon marché ses compositions supérieures, aussi a-t-il admirablement réussi à les populariser dans toutes les classes de la société, en France et à l'étranger. Son Eau tonique, sa Pommade des Châtelaines, ses Pommade impératrice et Baume ducal à la violette de Nice et de Parme, parfum réel et unique, son Vinaigre anglais, son essence dite Eau de Cologne du grand monde, ses Eaux de toilette et ses Savons figurent partout aujourd'hui sur les plus modestes comme sur les plus riches tables de toilette et même sur celles des souverains. - On peut se procurer ces produits chez M. Calmon, coiffeur, place d'Armes, à Bône.

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Étude de Me A. PAILHES, avocat-avoué à Bône (Algérie).

VENTE
PAR SUITE DE SURENCHÈRE, SUR SAISIE IMMOBILIÈRE EN UN SEUL LOT
D'UNE MAISON
située à Bône, rue Tabarca
JOIGNANT LA RUE BELLONE
Canton et arrondissement département de Constantine.

Adjudication le 24 juillet 1861.

        On fait savoir à tous ceux qu'il appartiendra, qu'aux requête, poursuites et diligence du sieur Broni Yso, négociant , demeurant à Bône, ayant pour avoué constitué sur cette poursuite Me Pailhès, exerçant en cette qualité près le tribunal civil de Bône, y demeurant, il sera procédé, le vingt-?quatre juillet 1861, à l'issue de l'audience commerciale qui s'ouvre à midi, en l'audience des criées du tribunal civil de première instance de Bône, au palais de justice, à l'adjudication au plus offrant et dernier enchérisseur de l'immeuble dont suit la désignation.
        Désignation de l'immeuble telle qu'elle est insérée dans le procès-verbal de saisie.
        Une maison sise à Bône, rue Tabarca, joignant la rue Bellone, commune, canton et arrondissement de Bône, département de Constantine.
        Cette maison portant le N°15 est élevée d'un premier étage au-dessus du rez-de-chaussée, couverte en terrasse avec garde-fous en fer, et a sa façade principale sur la rue Tabarca, sur laquelle elle prend jour et entrée par, 1° au rez-de-chaussée, une grande porte d'entrée fermant à clef, pour pénétrer à l'intérieur de la maison ; une deuxième donnant ouverture à un magasin, une fenêtre avec persiennes et barreaux en fer peints en vert, d'une grande dimension ; une autre plus petite également avec persiennes, de la même teinte et sans barreaux.
        2° Au premier étage, trois fenêtres avec persiennes teintes en couleur verte.
        Cette maison est édifiée sur un terrain d'une contenance superficielle de cent dix-huit mètres et confronte, d'un côté, une maison appartenant aux domaines; d'un autre, à la maison Badenco, ancien avocat à Bône; enfin, par derrière, à celle de M. Costa ; elle est occupée par les époux Fourniol.

        La mise à prix initiale est de six mille cinq cent vingt-cinq francs, outre les charges; mais une surenchère du sixième a été formée par le sieur Broni Yso, négociant, demeurant à Bône, suivant acte du greffe, en date du huit juillet mil huit cent soixante et un, enregistré et dénoncé par acte d'avoué à avoué, en date du neuf dudit mois de juillet :
        1° A Me Pailhès, avoué desdits Acqui et Tabet, adjudicataires ,
        2° Audit Me Pailhès, avoué dudit sieur Simon Busidan, poursuivant.
        Mise à prix.
        Outre les charges, clauses et conditions du cahier des charges, l'adjudication de l'immeuble sus-désigné aura lieu sur la mise à prix de sept mille six cent vingt-cinq francs, montant de l'adjudication primitive et de la surenchère qui en a été la suite
        ci……………..7,625 fr.
        Déclarant que tous ceux du chef desquels il pourrait être pris inscription pour raison d'hypothèques légales devront requérir cette inscription avant la transcription du jugement d'adjudication.
        S'adresser, pour prendre connaissance du cahier des charges et pour tous renseignements,
        1° AU greffe du tribunal civil de Bône;
        2° A Me, Pailhès, avoué poursuivant.
        Fait et rédigé à Bône le dix juillet mil huit cent soixante et un. A. PAILHES.
        Enregistré à Bône le dix juillet, mil huit cent soixante et un, F° 103,. Reçu cinquante centimes. - Signé VERNIER

=================

Étude de Me MATHIEU , huissier à Bône.

Vente par autorité de justice.


        Le samedi vingt juillet mil huit cent soixante un, à neuf heures du matin , sur la place publique du marché de Mondovi, il sera procédé à la vente de quatre bœufs de labour, douze veaux d'environ deux ans, seize mulets, mules , chevaux ou juments.
        Expressément au comptant. MATHIEU

        Entre les soussignés Ali-ben-Ali, d'une part, et le sieur Omar-ben-Gui, d'autre part., tous deux marchands de tabac, associés pour les établissements de Bône et Constantine,
        Il a été convenu ce qui suit.
        1° Ladite société cesse d'exister entre eux deux, à partir de ce vingt-Huit juin mil huit, cent soixante et un ;
        2° Le sieur Ali-ben-Ali se trouve également libéré de tous engagements ou dettes envers le sieur Omar-ben-Gui;
        3° Le sieur Omar-ben-Gui se trouve également libéré de tous engagements ou dettes envers ledit sieur Ali-Ben-Ali;
        4° Ledit sieur Omar-ben-Gui reconnaît et accepte devoir rembourser son échéance, au sieur Ali-ben-Ali un billet qui a été souscrit à Philippeville par Augustin frères audit sieur Ali-ben-Ali.
        Les deux associés ont signé de bonne foi et reconnu l'écriture ci-dessus.
        Fait à Bône le vingt-huit juin huit cent soixante et un.
        ALI-BEN-ALI                                            OMAR-BEN-GUI.


NOSTALGIE
par M. Emile Vella
Bulletin ABCT N°25

Bône, la coquette
Je ne pense qu'à toi
Je perds entièrement la tête
Je rêve, ma foi, c'est bête
Que je ferais à nouveau ta conquête

Je m'imagine déambulant
Ma passion débordante
Sous ton orgueil ardent
Revoir constamment

Mes êtres et amours d'antan
Restés gravés dans mon cœur souffrant
Les retrouvant comme avant
Du levant au soleil couchant

Revivant heureux,
Non pas comme Crésus,
Mais avec de l'amour en plus,
Comme toujours, généreux.

De la Ménadia à Joanonville,
Du pont blanc à la place d'armes,
Du lever de l'aurore à Chapuis,
D'Hippone au cours Bertagna,

Tous ces lieux qui avaient leur noblesse,
M'incitent à revenir, retrouver avec tendresse,
Des millions de souvenir restés dans la détresse,
Et qui reviennent en ma mémoire, sans cesse.

Je sais que, ce n'est qu'un rêve,
Et qu'en réalité dès que le songe s'achève
Je ne pourrais jamais te reconquérir..
Cela aurait été mon plus grand désir.

Je ne te reverrais plus, comme je t'ai connu
Ma belle ville où je suis né,
Alors, n'en parlons plus...
Bône, tu resteras, toujours ma bien-aimée,
Cela pour l'éternité.


BÔNE..  TU TE RAPPELLES
Par M. JEAN PERONI
                envoyé par M. Roger SABATON --                     N° 1
"Je me presse de rire de tout de peur d'être obligé d'en pleurer. "
BEAUMARCHAIS
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PREFACE

        Mon propos n'est pas de raconter des histoires bônoises, pourtant si savoureuses. Il n'est pas non plus d'écrire l'Histoire de Bône ; il nous aurait fallu revivre ensemble les événements douloureux qui marquèrent nos dernières années de vie commune.
        Je n'ai fait oeuvre ni de conteur, ni d'historien.
        Je me suis plutôt efforcé, me remémorant les agréables moments vécus dans cette splendide cité de 160 000 habitants, de choisir, au hasard, sans trop respecter la chronologie, quelques uns des faits et des personnages qui firent de Bône une ville pas comme les autres ; des faits parfois insolites, des personnages souvent hors série.
        Puis, les ayant choisis et triés, j'ai retenu ceux qui nous ramenaient le mieux, à dix ou vingt ans en arrière, dans le particularisme local.
        Journaliste durant une bonne vingtaine d'années, j'ai vu vivre Bône ; j'ai senti battre son pouls à travers les mille péripéties du quotidien. J'ai participé ainsi, plus en observateur qu'en acteur, à son existence.
        Pourtant dois-je l'avouer ? Avec le recul du temps, je n'ai pas conservé le souvenir exact du film extraordinaire qui passa sous mes yeux ; de sorte que j'ai parcouru ce passé un peu à tort et à travers.
        Mais ce que j'ai gardé toujours présent à l'esprit, c'est la bonhomie des gens qui furent nos concitoyens, leur humour qui tournait parfois à la grivoiserie ; et aussi la truculence de certains faits et de beaucoup de gestes.
        En les maintenant dans le contexte bônois, j'ai fait revivre êtres et choses, en leur laissant, pour toile de fond, leur pittoresque, leur jovialité, leur frivolité et leur couleur locale.
        J'ai vu la politique à travers les réunions de l'Ecole Vacaro ; la religion derrière la soutane du Père Mizzi ; l'économie sous la férule tabacoopiste ; la bonne humeur par le truchement de joyeux drilles ; la gastronomie dans la fumée des merguez ; le patriotisme aux banquets des A.C. ; le sport dans la turbulence des tribunes du stade.
        Pour ce faire, quelques uns de nos concitoyens les plus originaux ont été placés en exergue, avec leur excentricité, leur bizarrerie et leurs particularités. Mais jamais mon intention n'a été malveillantes.
        Qu'on me pardonne si, à mon insu, ma plume a parfois trahi ma pensée.
        En somme je crois avoir écrit un livre gai.

Jean PERONI

DE LA COLONNE AU COURS BERTAGNA

        Il importait peu aux gens de la Colonne d'avoir des origines très anciennes. Que Bône ait été autrefois l'illustre Hippo Regius ou qu'elle se fût appelée Annaba sous l'hégémonie turque, c'était pour eux vieilles histoires. Ils ne tiraient même pas gloriole de la naissance du Maréchal Juin, leur concitoyen. La colonne tronquée de la Place Alexis Lambert avait beau résister au temps, elle n'arrivait pas à évoquer dans leur esprit le départ des troupes de Randon vers Bugeaud.
        A la Colonne on vivait au présent, dans la fumée des brochettes grillées sur le feu de bois des marchands indigènes, dans la douce euphorie que donne le Pastis blanc au fond des mominettes, tandis qu'on exprimait ses sentiments, ses impressions, ses colères et ses joies dans ce truculent patois colonnois, ignorant la synthaxe et soutenu à force de grands gestes.
        Ce langage savoureux ne s'embarrassait pas de convenances ni de salamalecs ; et s'il était parfois obscène, toujours grivois, c'était sans intentions malveillantes. D'ailleurs comment donner un sens à la conversation si l'on ne la soutenait pas d'un sonore "vache de sa mère" ou d'un truculent "mort de tes os". Ces expressions faisaient partie du vocabulaire courant, et mal intentionné eût été celui qui ne les admettait pas.
        Et puis pouvait-on dire ce qu'on avait à dire avec la bouche seule ? Gestes des mains, gestes de bras, c'était une ponctuation qui confirmait la solidité des arguments et plus facile à comprendre.
        Finalement ce folklore verbal avait été admis un peu partout dans Bône, et si la gentry faisait mine de s'en offusquer en public, elle s'en régalait dans les parties fines quand le champagne mettait les esprits en appétit de grivoiserie.
        De telle sorte que le tempérament de la Colonne était sorti petit à petit de son cadre faubourien pour s'installer au coeur de la Cité sans même qu'on y prît garde.
        De toute façon, Bône n'y avait rien perdu, bien au contraire ; comme Alger avec Bal-el-Oued, elle avait inscrit à son propre crédit la renommée colonnoise.
        Et puis, n'était-ce pas avec l'appui de la Colonne que se faisaient les élections ? Fut-on richissisme agriculteur, commerçant bien nanti ou fonctionnaire ambitieux, pour réussir dans la politique, l'accord de la Colonne était indispensable.
        Un accord efficace ? Sans doute. Sincère, c'était moins sûr.
        Les élections profitaient pécuniairement aux uns si elles coûtaient cher aux autres: hormis les convaincus et les honnêtes gens, les autres ne votaient qu'après avoir vu la couleur de l'argent des candidats ;ils étaient, ceux-là, des gagne-petit, persuadés qu'un député ou un autre, c'était du pareil au même. La République se fichait bien de leur misère. Mieux valait profiter de la bonne occasion qu'offrait la campagne électorale.
        Lorsque Thomson fut sur le déclin, un pauvre bougre de la Colonne déclara avec franchise : "Je voterai pour lui parce qu'il est vieux ; avant pas longtemps il y aura de nouvelles élections et de la sorte j'aurai doublé mon gain."
        Donc en prélude à la campagne électorale, surgissaient de la Colonne ceux qu'on appelait les Carabiniers. Un seul but : prendre des sous ; à combien allait-on monnayer leurs suffrages ?
        Discussions, palabres, conciliabules, tractations ; si l'on ne tombait pas d'accord avec celui-ci, on allait proposer ses services à l'adversaire . La concurrence battait son plein.
        Alors pourvus de leur viatique, les Carabiniers commençaient la campagne. Elle s'installait aux carrefours, sur les places, dans les bistrots. A grands coups d'anisette, on palabrait, on discutait, on se querellait même si le besoin s'en faisait sentir. Et puis on participait aux réunions "publiques et contradictoires" avec une double mission, applaudir le candidat qui avait payé, empêcher l'adversaire de se faire entendre.
        Quarante huit heures avant le vote, les Carabiniers commençaient à distribuer l'argent qu'on leur avait confié à cet effet ; mais comme charité bien ordonnée..., la plus grosse partie du pécule restait dans leur escarcelle. On se souvient de ce notaire néophyte, postulant un mandat de conseiller général ; pour les 400 000 francs de l'époque qu'il avait versés à "ses souteneurs", il ne compta dans l'urne que 40 bulletins favorables.
        Pourtant, quoi qu'on en dise et quoi qu'on leur donnât, les Carabiniers avaient leurs convictions politiques. Ils se seraient fait pendre pour Pantaloni : c'était leur Dieu. Lorsque, après avoir été soutenu pendant des décennies par ses amis colonnois, Giovaccini rompit les lances avec le député ? maire de Grenoble, il se retrouva nu comme Job, sans amis et sans mandat.
        Eh oui, la Colonne avait du tempérament. Ses filles, par exemple, malgré les outrances de langage, n'étaient pas plus ni moins délurées que leurs soeurs de la ville. Elles savaient le prix de la virginité. C'était leur dot, n'ayant rien d'autre à mettre dans leur corbeille de mariage. Oui, la virginité, c'était sacré. Gare à celui qui aurait voulu y toucher sans être passé à la maison. Comme elles disaient, il fallait d'abord "fréquenter" avec l'autorisation paternelle. Pour le reste, bas les pattes.
        Les garçons, eux, après le travail, se retrouvaient pour la pétanque ou la belotte, ou tout simplement pour trinquer. Certes, il était long le chemin qui mène à la maison. Etait-ce leur faute si les bistrots se côtoyaient ? Aller boire chez Titin sans aller boire chez Agu, non, vous n'y pensez pas ! Comme tous les patrons de café étaient des potes, la tournée de l'amitié s'éternisait jusqu'à la nuit tombée. Les femmes étaient obligées de faire réchauffer la soupe en attendant la fin du "chemin de croix", comme elles le disaient.
        Par les soirées d'été, la Colonne continuait à vivre jusqu'au milieu de la nuit. On sortait les chaises sur le trottoir, ou bien l'on s'asseyait en bordure de la rigole. Et l'on parlait. De quoi ? Des autres pardi ; du commérage bon enfant qui, somme toute, ne faisait de mal à personne ; parce que tout le mal qu'on avait dit le soir de la voisine était vite oublié au réveil. Et puis, comme disait Madame Augu, "si on parle pas des autres, de quoi voulez-vous qu'on parle ?
        A côté de ces bavardages nocturnes, les poubelles béaient comme pour engloutir des chats trop gourmands ; au bistrot d'à côté, Tino Rossi avait les honneurs du pick-up.
        Un peu de brise finissait par descendre de Bugeaud ; on rentrait les chaises, on allait se coucher. Les chambres qui donnaient de plain pied dans la rue gardaient leur fenêtre ouverte ; tant pis pour le curieux. De toute façon ils n'en auraient pas perdu la vue.
        Le dimanche, on allait à la messe. Car malgré les "Diocane", une expression typiquement colonnoise, la Colonne était foncièrement catholique. Oh, on ne cherchait pas le comment et le pourquoi de l'existence divine. On croyait en Dieu parce que c'était comme ça, depuis toujours. Et on n'avait pas envie de penser autrement. Et puis, la messe, c'était quand même l'occasion de mettre la belle robe des dimanches, les souliers à talons, les bijoux de pacotille.
        Après la messe, on se promenait sur le Cours Bertagna. Car le Cours Bertagna exerçait une extraordinaire attirance sur la vie bônoise.
        Entre la cathédrale et le port, il servait de creuset à tous les potins, à tous les projets, à toutes les combinaisons ; rendez-vous des affaires sérieuses ou des amours ébauchées, de la dolce vita des retraités ou des kermesses tapageuses, le Cours remplissait sa mission de forum public dont ont si grand besoin les villes méditerranéennes. Forum public ou cour de récréation, comme vous voudrez, coincé entre ses deux monuments de bronze, celui de Jérôme Bertagna conviant les pêcheurs à meilleure marée, celui de Monsieur Thiers inspectant les navires à l'ancre.
        Avec Jérôme Bertagna, le statuaire avait fait preuve de gigantisme, peut-être dans un louable but, Bertagna ayant eu la prémonition des destins maritimes de la ville.
        Pour Monsieur Thiers, c'était une autre histoire, une statue que la commune avait achetée quelque part sans intention artistique, plutôt pour prouver son indéfectible républicanisme. Le sculpteur était-il un plaisantin ? Le fait est qu'en se plaçant sous un certain angle, on voyait l'index du Président se profilerà hauteur du bas-ventre, tant et si bien que, l'hiver durant, par les jours d'abondantes pluies, Monsieur Thiers sans plus se gêner affichait son incontinence d'urine.
        Le Cours Bertagna était également dôté d'un kiosque à musique, peu fréquenté il est vrai par les Muses, mais qui permettait aux petits yaouleds de sacrifier à Vespasien.Il était unique en son genre, ce Cours Bertagna. Il débouchait au sud en plein sur l'arrière port ; de telle sorte qu'attablé aux terrasses des brasseries, on jouissait de l'interminable spectacle des cargos aux amarres, des chalutiers au repos, des grues en mouvement, et du va et vient incessant des lourds camions et des wagons de chemin de fer, film toujours nouveau d'une cité maritime en constante expansion.
        Bien sûr, le Cours Bertagna, ce n'était pas la Canebière ; mais les Bônois en étaient fiers, et ils avaient raison de l'être, presque autant que le cimetière "si beau qu'envie de mourir il te donne".

SAINT AUGUSTIN et SAINT COUFFIN

        Il était gros, il était gras, grand et ventripotent, et portait opulente barbe noire. Il n'avait rien d'un ascète, aimant bien boire et bien manger. Et pourtant c'était un saint homme, le Père Mizzi, un de ces gens d'Eglise qui vous attire à la prière ; peut?être parce qu'ils ne cachent pas leur désir de profiter des richesses terrestres mises à leur disposition par le Créateur.
        Malgré le ventre qui gonflait la soutane, il était vif, alerte, solide, proche de la soixantaine, il vieillissait allègrement sur sa colline d'Hippone, dans sa Basilique.
        Sa colline, sa Basilique ? Bien sûr. N'y était-il pas le maître après Dieu. Maltais, venu de la Valette, il s'était vu confier par l'ordre des Augustiniens la garde de la Sainte Relique, le cubitus droit du premier évêque d'Hippone, Saint Augustin : on ne pouvait trouver sentinelle plus vigilante.
        La Basilique était un fier monument contruit en marbre et en porphyre, dans une architecture mitigée de byzantin et de mauresque. Elle dominait la plaine de Bône et ses riches vignobles. Pour y parvenir, les voitures grimpaient une petite route en lacets, poussiéreuse en été, pétrie d'ornières boueuses en hiver. Les piétons s'étaient tracé un cheminement plus pratique et plus rapide. Une antique traction avant suffisait au Père Mizzi pour ses courses en ville et la visite de ses ouailles. Il l'usa jusqu'à la trame et consentit à la changer lorsque lui échut d'un oncle d'Amérique un providentiel héritage.
        Avec l'aide d'un autre Augustinien, le Père Mizzi cultivait un petit jardin attenant à son presbytère. Mais les maraîchers d'alentour lui fournissaient viande, légumes, volaille et vin : qui donne au prêtre donne à Dieu. Même dans les temps de disette consécutive à la guerre et à l'occupation, il pouvait ainsi continuer à faire bonne chère. Pour les visiteurs amis, il gardait une bonne vieille bouteille de Chartreuse, des pralines fourrées et des cigarettes américaines.
        A vrai dire le Père Mizzi vivait à longueur d'année dansl'attente des Fêtes Liturgiques de Saint Augustin; elles se situaient dans la dernière semaine d'août.
        Pendant huit jours la Basilique d'Hippone devenait le Haut-Lieu de la Chrétienté. Toute la hiérarchie méditerranéenne était présente à ce rendez?vous aoûtien. Son Excellence l'Archevèque de Carthage, Primat d'Afrique, s'y trouvait en noble compagnie, l'Archevèque d'Alger, les évêques de Constantine et d'Oran, le Père Supérieur du Sahara, et d'autres éminences portant parfois le chapeau cardinalice ; et puis des archiprêtres, des chanoines, des curés, des abbés qui, tout en honorant Saint Augustin, essayaient de faire leur cours à leurs supérieurs.
        La vieille traction avant respectueusement cédait son garage à la confortable limousine du Primat d'Afrique. Le père Borg et toute sa smala, quittant leur restaurant des Allées Guynemer, prenaient possession des cuisines du presbytère et, pour quelques jours les Saintes Huiles avaient une odeur de boeuf rôti et de dinde farcie.
        Le Père Mizzi, la soutane plus couleur de poussière que jamais, s'affairait au milieu de ses hôtes pour leur éviter les mille ennuis d'un logis trop exigu. Monseigneur par-ci, Monseigneur par-là, il était partout à la fois, dedans, dehors, factotum prêt à toutes les corvées, surveillant les cuisines, les chambres, la basilique, l'arrivée des voitures, s'inquiétant du repos des prélats, de la disposition du service d'ordre, de l'installation de la sonorisation, courant barbe au vent, de la cure à la basilique, oubliant même la genuflexion devant le Sacré-Coeur, butant contre un évèque, bousculant une bonne soeur, et pourtant gardant la tête froide, car c'était lui le responsable de tout l'ordonnancement de la fête.
        Pendant ces moments-là, il débordait de joie, de fierté et, que Jésus lui pardonne, une bouffée d'orgueil lui montait à la tête. Il avait fini par croire, le bon Père Mizzi,que la Saint Augustin, c'était sa fête à lui.
        Certes, durant cette semaine liturgique, il y avait le temps de la prière, du recueillement, des oraisons et des prônes. Mais il y avait aussi les moments qu'on passait à table : par la grâce des maltais du voisinage et d'ailleurs, la chère était fine, les vins capiteux et le champagne pétillant. Et comme les convives n'étaient pas pressés par le temps entre Grand'Messe et Vêpres, on dégustait lentement et précieusement ; et comme le vin était d'abondance, on oubliait au dessert protocole et hiérarchie. Et si les petits curés n'allaient pas jusqu'à taper sur le ventre de leur chanoine, ils ne se gênaient pas pour partir en grands éclats de rire et raconter quelques bonnes histoires qui n'avaient rien d'ecclésiastique.
        Il arriva que le vénérable Monseigneur Liénaud, fatigué par le long voyage qui sépare Tunis et Hippone, entrât en douce somnolence. Mais seuls les avertis savaient qu'il dormait : ses sourcils broussailleux, sa barbe de nonagénaire enfouissaient dans leur blanche toison sa sieste d'après midi. Mais irrespectueux, les petits abbés continuaient sans baisser le ton, à honorer Dieu pour ses bontés culinaires.
        Les cérémonies liturgiques atteignaient leur sommet la journée du dimanche. Monsieur François, chanoine du Sacré Coeur de Constantine, en était le grand ordinateur, connaissant son programme sur le bout des doigts. Si Saint Augustin pouvait lui faire reproche de ne prier que du bout des lèvres pendant ces journées, il devait par contre lui être reconnaissant de régler magistralement tous les détails du protocole.
        Le matin étaient conviés à la Grand' Messe ceux qu'on englobe dans le terme pratique d'autorités civiles et militaires, le préfet, le maire, les officiers de la garnison. Pour l'occasion M. Marec, administrateur général de l'Inscription Maritime en retraite revêtait son costume d'amiral et arrivait à Hippone dans la voiture prêtée par l'Amirauté, marin-chauffeur compris.
        Le Bachagha Chérif i Chérif, cravate de commandeur de la Légion d'Honneur apparente, se faisait un devoir d'assister à cette messe solennelle. La barbe mise à part, il ressemblait comme un frère au Père Mizzi, même corpulence, même démarche. L'Augustinien accueillait le musulman sur le parvis ; ils se prenaient à bras le corps pour le plus sincère baiser de l'amitié - et c'était un spectacle émouvant que cette masse bicolore, burnous rouge et soutane noire, pétrifiée par l'accolade fraternelle devant la Maison de Dieu.
        Les pèlerins arrivaient de Bône et de sa région naturellement, mais aussi du Constantinois, de l'Algérois, parfois même de l'Oranais et de la Tunisie ; la plupart en voiture, d'autres en plus modeste équipage, cariole tractée par un mulet, charette tirée par un cheval ; et le reste à pied. Il n'y avait pas de parking à Hippone. Les premiers venus rangeaient leur véhicule le long de la route. Après quoi les gardiens de la paix interdisaient l'accès motorisé. C'était alors l'interminable défilé des piétons à la queue-leu-leu dans le sentier grimpant.
        Ils étaient venus de loin pour rassasier leur âme d'une cure de jouvence augustinienne ; aurait-il été décent d'abandonner son ventre à des crampes récalcitrantes ? On avait donc apporter les couffins pleins de victuailles. De toute façon les marchands de sandwiches et de boissons gazeuses n'auraient pas suffi à alimenter à cette foule innombrable, mise en appétit par le voyage et le changement d'air. On s'installait pour le piquenique de midi comme on pouvait, à l'endroit qu'on trouvait encore libre, dans la chaleur, dans la poussière, l'odeur d'essence et le parfum du crottin.
        Pour s'asseoir, on cherchait quelque part un gros caillou, un vieux cageot, une caisse bancale, ou bien l'on sortait les coussins des voitures, les bancs des carrioles ; de toute façon, comme on se plaçait en profitant de la pente, on gardait le derrière plus haut que les pieds. L'appétit allait bon train, les parlottes aussi. Après quoi, s'il restait un bout de temps, l'olivier voisin prêtait son ombre pour un brin de sieste.
        Le carillon joyeux de la Basilique sur le coup de 3 h. tirait tous ces gens affalés de leur reposante torpeur : c'était l'heure des Vêpres.
        Du presbytère sortaient les Prélats en tenue d'apparat. Tout juste cinquante mètres séparaient la cure de la cathédrale. Mais ce court chemin était parcouru lentement, ce qui donnait le loisir à la foule de se placer en double haie. Une nuée d'Enfants de Choeur faisaient escorte aux prêtres. Le Primat d'Afrique, mitré d'ors, ouvrait la marche, frappant les pavés de sa crosse, tel un tambour major qui marque la cadence. Tout autour, la foule se bousculait par le rituel baiser à la bague.
        L'Abbé Mizzi accueillait son monde sur le parvis. Abbé ? Non, pas en ce Saint Jour. Par ordonnance spéciale, l'Archevèque de Carthage lui avait décerné le titre de Monseigneur ; mais le Père Mizzi n'avait droit à la mitre qu'en présence de son parrain ; ou alors dans ses voyages en Tunisie. Au grand dam, soit dit en passant, de l'évèque de Constantine.
        Les fêtes liturgiques s'achevaient en apothéose dans l'après midi du dimanche par la traditionnelle procession. Elle se formait tout en bas de la colline, près de la statue de Sainte Monique serrant dans ses bras son amour de chérubin. Cent mètres plus haut était érigé un reposoir sur le socle même d'un gigantesque Saint Augustin de pierre : un hectomètre tout juste suffisait au vénéré Saint pour passer de la prime enfance à l'âge adulte.
        Tandis que la procession cheminait dans la côte, les "Ave Maria" succédaient aux "Credo" et les "Notre Père" aux "Je vous salue, Marie", soutenus puissamment par les haut-parleurs. Monseigneur Mizzi, plus suant que jamais, allait, venait, d'un bout à l'autre de cet interminable défilé, chef d'orchestre mobile de cette formidable chorale. Parfois, Mon Dieu, pardonnez?lui, il interrompait le chant liturgique d'un tonitruant "Allez, allez, plus vite".
        Le lendemain de ces fastes journées, lorsque son dernier hôte avait quitté Hippone, le Père Mizzi rangeait sa mitre. Mais pendant quelques jours encore sa barbe cachait mal le sourire d'un homme heureux ; sans doute, du haut du ciel, Saint Augustin lui adressait un grand merci.

La suite au prochain Numéro,

BUGEAUD                           
                 En 1958/1959
par M. Marius Longo et Ginette Gentou                 N° 5

La vie municipale

       Les démissions au sein du Conseil Municipal.
       La mise en place du nouveau conseil municipal.
       Le passage des consignes morales.
       Demande de réparations et d'entretiens.
        Grâce à la bonne "Presse" bien pensante et anti-française, la France ne pouvait ou ne voulait pas savoir le travail de fond qui était réalisé auprés des populations !!!

Ci-dessous les lettres.

LETTRE N° 1

Lieutenant GENTOU J. Louis
Président de la Délégation Spéciale
       BUGEAUD

à     Monsieur le Préfet               
de BONE                                     

       J'ai l'honneur de vous faire parvenir les demandes de démission adressées au Commandant d'armes par les membres de l'ancienne Délégation Spéciale.
       Les deux musulmans, messieurs BELAMRI Mohamed et HAMEL MOUSSA représentaient AIN BARBAR. En réalité, ils étaient repliés à BONE et ne sont jamais revenus à BUGEAUD de puis quelques années.
       Monsieur SANTMAN, âgé de 81 ans, paralysé à 90%, devait être porté par 4 personnes aux réunions.
       Monsieur STOHL avait quitté l'EDOUGH pour une situation en métropole.
       Quant'à Monsieur ALOI, maire de BUGEAUD, son état de santé l'empêchait de quitter son appartement de BONE pour venir à BUGEAUD.
       En réalité, la délégation était représentée par Monsieur RACHEDI Gilbert, qui, en qualité de délégué du maire, avait en général la procuration de vote pour 50% des membres de la Commission.

       Je vous prie d'agréer, monsieur le Préfet………….

Lieutenant J.L GENTOU      
  

LETTRE N° 2

Capitaine GENTOU J. Louis,                                                                       
Président de la Délégation Spéciale
       BUGEAUD

BUGEAUD le 24 avril 1959  

       Ouverture de la séance extraordinaire
       Mettant en place le nouveau Conseil municipal de BUGEAUD
       Et mettant fin à la Délégation Spéciale.

       Après le déroulement des formules réglementaires, le Capitaine GENTOU prend la parole pour remercier au nom de la délégation Spéciale qu'il a eu l'honneur de présider jusqu'à ce jour : Monsieur le Préfet (Général), Monsieur le Sous-Préfet (colonel Commandant le Secteur) de tous les efforts portés sur BUGEAUD.
       Il souligne tous les pardons accordés aux égarés, il parle des libérations nombreuses des mois derniers.
       S'adressant aux musulmans en particulier, il leur demande de faire confiance au nouveau Conseil Municipal et parlant des délégués Spéciaux, il les remercie d'avoir eu le courage de travailler avec lui :

       " Sans vous, je n'aurai pu rien faire ! Nous avons bien travaillé. Nous nous sommes penchés sur des problèmes sociaux inconnus jusqu'à ce jour à BUGEAUD. Nous avons eu la confiance des uns et des autres. 400 femmes ont voté. Nous pouvons être fiers. "

       Avant de céder sa place au doyen d'âge du Conseil Municipal entrant, le Président de la Délégation Spéciale exalte tous les conseillers municipaux à s'unir, à oublier les vieilles querelles du village, à faire abstraction des préjugés, à faire travailler leur tête, à faire parler leur cœur.
       Il lance un dernier appel à l'union de tous et s'excuse de retenir leur attention quelques minutes encore, pour leur lire ce qu'il appelle "son passage de consignes morales " ci-joint :

Lieutenant J.L GENTOU      
     

LETTRE N° 3

Avril 1959            

à     Monsieur le Maire de BUGEAUD  

       Passage des consignes morales
       du Capitaine J.L. GENTOU

       Suite au brillant succès de la liste présentée et après étude pratique de la marche de la Mairie, il m'appartient de présenter très respectueusement à monsieur le maire des idées personnelles sur la marche future de la dite Municipalité, compte tenu des moyens et des loisirs de chacun :
       Monsieur BAYLET :
       Son éloignement qui pourrait paraître à première vue un inconvénient, ne peut que représenter des avantages.
       Les affaires techniques se traitent à BONE (sur le papier). Les projets de route, d'habitation et tous les travaux possibles et inimaginables pourront être établis à l'échelle sur n'importe quel bureau de M. l'ingénieur.
       Monsieur ALOI :
       Il ne m'appartient pas et je ne peux me le permettre d'ébaucher ici son rôle en ce qui concerne les interventions dues à des influences politiques. Monsieur le Conseiller général sait mieux que quiconque ce qui lui reste à faire.
       Monsieur GIRAULT :
       Il pourrait s'occuper du personnel, contresigner les permissions du secrétaire général, superviser les heures d'ouverture des bureaux etc…
       Eau :
       Le problème de l'eau est assurément le plus gros problème de BUGEAUD. Malgré l'apport d'un réservoir très important qui vient doubler le premier, il appartiendra à M. l'ingénieur de se pencher tout particulièrement sur ce grave problème.
       Fontainier :
       Elément important, doué de ses doigts et du pouvoir de disparaître des journées entières dans les canalisations des rues de BUGEAUD.
       Service social :
       Il appartient à un musulman du conseil municipal de se pencher profondément sur le problème social des pauvres familles Bugeaudoises, tels que : soupe populaire, lait, pain etc…etc…
       Organisation de la mairie :
       Malgré de nombreuses critiques de gens bien intentionnés et sûrement jaloux des employés municipaux, il m'est agréable de pouvoir dire aujourd'hui que dans l'ensemble, le personnel a très bien fait son travail.
       Les 3 premiers mois, j'ai demandé un effort "style Légionnaire " : j'ai eu des résultats et je peux remarquer beaucoup de bonne volonté des uns et des autres.

       Secrétariat général :
       Monsieur ?, stagiaire, se rode tous les jours à son travail et donne les résultats escomptés.
       Madame PAYSANT le remplace dans ses fonctions et peut le cas échéant remplacer l'un ou l'autre membre du bureau.
       Monsieur DAMICO est vraiment à sa place dans ses fonctions de trésorier et devra être maintenu dans cet emploi.
       Mademoiselle SANTMANN se forme. Je l'ai autorisée à suivre des cours, je demande qu'elle continue à l'avenir.
       Monsieur CAMEL reste le musulman distingué et accueillant qui doit continuer à s'appliquer à l'Etat Civil.
       Les 2 gardes champêtres sont 2 vieux serviteurs dévoués, il leur appartient de le rester.

       AIN BARBAR :
       AIN BARBAR a été négligé jusqu'à ce jour, il vous appartient de déléguer les pouvoirs de M. le Maire à M. PAYEN. Il faut impérativement que toutes les liaisons conduisent à A.B. un membre du bureau ou du conseil municipal.
       Ils sont plus pauvres que nous et ils sont bien seuls. Il ne faut pas les perdre. Ils veulent se détacher de nous.
       Réfléchissez bien !
       Plan religieux :
       Si le repli des zones interdites a créé de réelles difficultés aux autorités civiles et militaires, il a permis cependant des horizons nouveaux et pratiques sur le plan religieux.
       La grande chance de BUGEAUD a été le repli du chef religieux BOUKACHABIA, Grand Marabout.
       Non content d'éclairer de ses lumières tous les chefs de passage, il a réussi à réunir unanimement tous les gens autour de lui, quel que soit leur religion ou leur origine de race, de couleur ou de tempérament. Tous, les uns et les autres, nous l'avons un jour vénéré comme tous les bons musulmans de BUGEAUD.
       Au cours de nos discussions intimes et multiples, je me suis engagé au nom des européens et musulmans de la Délégation Spéciale de ne pas partir sans faire un pas vers leur religion de manière à former un seul bloc.
       Aussi, le nouveau bâtiment qui relie la Mairie à l'école devra être dans les mois à venir la mosquée provisoire qui sera le trait d'union définitif des uns et autres, des mauvais et des bons. Plus tard, les mauvais d'aujourd'hui pourront venir prier sur les erreurs commises. Ils pourront se rappeler que si l'argent a été donné par les autorités françaises, ce travail n'a pu être effectué qu'avec l'aide de ces gens venus de partout, étrangers anonymes, qui donnent leur peine et leur sang pour devenir français.

Capitaine J.L GENTOU      


LETTRE N° 4

Capitaine GENTOU Jean Louis,                                                         
Cdt la Compagnie de Base du 4ème REI
       BUGEAUD


Juillet 1959                        

à   Monsieur BAYLET                        
Maire                                                 
BUGEAUD                                        

           

        J'ai l'honneur de vous rendre compte de ce que le 27 juin 1957 l'Hôtel du Rocher était occupé par la Compagnie de base du 4è REI.
       Cette occupation faisait suite à une réquisition du capitaine POULAT commandant la CRI de BONE. D'après mon enquête personnelle et à titre indicatif, il ressort que l'Hôtel avant l'occupation du 4ème Etranger avait été occupé par les U.T. et diverses unités.
       Depuis le 1er jour de l'occupation, de légers harcèlements mensuels ont dégradé la façade et certaines canalisations de l'Hôtel.
       Le 25 mars 1959, un harcèlement beaucoup plus violent accompagné de tirs au bazooka a lézardé la façade nord-est, crevant la canalisation avec un gros impact de 60 cm2 et 30 cm de profondeur.
       Ces harcèlements accumulés ont créé des suintements à l'intérieur de l'Hôtel. Les infiltrations ont décollé tout le plâtre qui entourait les poutres maîtresses du rez-de-chaussée. La terrasse suinte. Le réseau électrique crée des pertes de courant qui sont à l'origine de mes démêlés avec l'EGA. Si une révision générale de l'hôtel n'est pas envisagée avant le début de l'hiver, je vais être obligé d'abandonner le 2° étage pour n'occuper que le 1er et le rez-de-chaussée.
       Malgré toute la bonne volonté de mon équipe de casernement, le 2è étage reste sans eau.
       Les égouts d'évacuation ne remplissent plus leur rôle et des odeurs malsaines envahissent l'Hôtel à toutes les heures de la journée.
       Vu les faits relatés ci-dessus, j'ai l'honneur de vous demander, Monsieur le Maire, les réparations qui s'imposent dans ce bâtiment communal.
       Dans l'espoir d'une étude approfondie et bienveillante de tous ces travaux, veuillez agréer, Monsieur le Maire, l'expression de ma haute considération.

Capitaine J.L GENTOU      


JEU des ROSEAUX

Avec une pensée profonde et un clin d'œil pour Roger Sabaton, je vous livre l'apprentissage du jeux de roseaux de mes petits enfants ANOUK et BORIS (çà fait très Bônois.
Il est bien entendu que le grand père s'est conduit en Maître.
C'est un petit jeu, simple, sain et qui leur a fait passer des moments très agréables.
Photo M. Marius Longo
Photo M. Marius Longo

Photo M. Marius Longo

Jeu à peu près identique au jeu des 5 pierres.
5 roseaux coupés en longueur avec le creux et le bombé. Les jeter un peu en l'air et les récupérer sur le dessus de la main. Retourner le dessus de la main avec les roseaux de façon à ce qu'il y est le plus de roseaux creusés ou bombés. La personne qui en a retourné le plus a gagné.


LE MAÎTRE MOT
Envoyé par M. Marc Dalaut
Ecrit par M. Gaëtan Dalaut

A Ma Mère,.

Au milieu des appels, et d